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Automobile – Paris-Dieppe – Le Sports Universel Illustré – 7 August 1897

In the Paris-Dieppe race of July 1897 , covering some 170 kilometers, the average speed already had reached about 40 kmh. One of the particpants, Rivierre, tells about his experience during the more than 4 hours lasting race event. The motocycles and light cars definitively were the most advantageous participants, although the 3-tonne weighing break of De Dion came in second. (Translation included at the end)

Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr – Texte et photos compilé par motorracinghistory.com
Le Sports Universel Illustré – 2e Année, 7 August 1897

AUTOMOBILE — PARIS-DIEPPE

    La course d’automobiles Paris-Dieppe (170 kilomètres) a été un plein succès pour ceux qui n’ont cessé de croire au triomphe définitif et à l’acclimatation absolue chez nous de la traction mécanique.
   Le départ de la course s’est donné samedi 24 juillet, de 9 heures du matin, sur la route des Loges, à Saint-Germain. L’épreuve avait réuni 70 engagements parmi lesquels 59 se sont présentés au départ.
   La course ayant été faite, à quelques exceptions près, plus encore par des particuliers possesseurs de voiture que par des fabricants, il est intéressant de voir la proportion des divers genres de véhicules partis. Il y avait 35 voitures de 2 à 6 places, 3 bicyclettes, 13 tricycles de Dion et 8 voiturettes dont 7 étaient des voiturettes système Bollée.
Enfin une seule voiture, le n° 40, au comte de Dion, était mue par la vapeur.
Le pétrole, au point de vue pratique, a donc définitivement triomphé.
A partir de 9 heures le départ était donné successivement aux 59 concurrents qui filaient sur la route à toute allure.

   A la Croix de Noailles où nous avions pris place nous les voyions passer à une vitesse insensée, et nous remarquions surtout l’allure vertigineuse de la bicyclette à pétrole de Gaston Rivierre, le gagnant de Bordeaux-Paris qui filait 5o kilomètres à l’heure. Avec elle les voiturettes Bollée basses, rampant sur le sol mais rampant à une allure d’express et passant dans la poussière au milieu d’une fanfare étourdissante de trompes. Enfin le breack à vapeur du comte de Dion, énorme véhicule du poids de 3 tonnes, véritable locomotive routière jetant des panaches de fumée et des hennissements à travers la campagne, catapulte monstrueux lancé de Paris aux côtes de la Manche.

   Rivierre nous a conté lui-même les diverses péripéties de sa course qu’il aurait assez aisément gagnée sans une série d’accidents.
   — J’ai tenu la tête, nous raconte-t-il, sans encombre jusqu’avant Pontoise, dans la côte d’Eragny, où il y avait assez de monde. Comme on ne comptait pas encore nous voir passer, il y eut une hésitation pour se ranger. Je cale mon frein, je ralentis et le temps de me remettre en marche, j’aperçois derrière moi la voiture de Bollée, le n° 10, qui s’amenait à toute allure. Je repars, moi aussi, lorsque, crac ! j’entends un bruit sourd. C’est la voiture de Bollée qui faisait panache dans le fossé, tandis que Millochau, qui suivait à bicyclette, faisait panache sur la route.
   Le temps de leur consacrer un coup d’œil oblique et rapide et je refile jusqu’à Méru, où j’arrive en tête. Je dégringolais les côtes à une allure folle; malgré mes 7m20 de multiplication, je ne pouvais pas pédaler et je ne poussais que dans les montées. Vous direz si j’ai vu quelque chose du paysage! J’entendais seulement des femmes crier sur mon passage, saisies d’effroi. A Méru, toujours la même chose, je suis forcé d’arrêter net. Ma chaîne saute par-dessus le pignon, et me voilà pendant trois quarts d’heure à réparer.
   Je répare cependant, et je repars. Je devais être passé de premier trente-quatrième ou trente-cinquième. Cependant je filais si bien que je rattrapais de Méru à Gournay 20 minutes du retard que j’avais sur la voiturette qui avait pris la tête.
   Lorsque, crac, après Gournay, je m’aperçois que ma chaîne s’était prise entre mon pignon et mon cadre. Le pignon avait été guillotiné net.

   Derrière Rivierre d’abord, puis devant lui ses concurrents entamaient une lutte acharnée, dans laquelle le n°45 une voiturette Bollée à une seule place finissait par prendre l’avantage, battant de 5 minutes le breack à vapeur du comte de Dion.
   La vitesse moyenne était telle que les premiers arrivants couraient les 170 kilomètres très accidentés du parcours en 4h15, une vitesse de 40 kilomètres à l’heure.
   M. Gaston Sencier, délégué par le journal le Vélo, les recevait à Dieppe, tandis que les autres officiels partis de Saint-Germain à 9h30 par un train spécial n’arrivaient à Dieppe qu’après les 12 premiers! Une vraie tuile.

Voici la liste des 15 premiers arrivants avec leur temps, compensé par la différence des heures de départ.
Nos – NOMS – NATURE DU VÉHICULE – TEMPS
4 Jamin. – voiturette à 1 place. – 4h 13m 33s.
40 De Dion. – break à vapeur (4 places). – 4 19 34
42 Gilles Hourgières – 2 places (voiture). – 4 36
12 Charron. – 2 places (voiture). – 4 38 31
43 Pellier. – voiturette à 1 place. – 4 41 55
37 Bertrand. – id. –4 45 15
29 Viet – tricycle. – 4 45 34
22 Prévot. – tricycle. – 4 48 12
27 Bardin. – 4 places. – 4 49 48
65 Giraud. – 2 places (voiture). – 4 50 9
25 Osmond. – tricycle. – 5 4 50
17 Maurice. – id. – 5 11 31
19 Têtu. – id. – 5 11 53
20 A. Bollée. – 2 places (voiture). – 5 17 22
7 Péhan de Laforest. – tricycle. – 5 27 9
49 Comiot. – id. – 5 25 26
   Il reste encore pour que le classement soit définitif à exécuter la clause absurde du règlement, la défalcation du temps perdu par les concurrents aux passages à niveau! On juge comment un seul contrôleur ou même deux et trois ont pu chronométrer exactement les temps différents perdus par 30 concurrents arrêtés à un passage.
   Comme on le voit, dans cette lutte l’avantage reste aux motocycles, aux poids légers sur 24 partis, 10 se sont classés dans les 15 premiers, tandis que 5 voitures arrivent en bon rang sur 35 concurrentes. Voiturettes et tricycles, à l’inverse de la course Paris-Marseille ont donc gagné l’épreuve.

PARIS-DIEPPE. — LE DÉPART. gallica.bnf.fr, modifié par IA
PARIS-DIEPPE. — UN CONTROLE. gallica.bnf.fr, modifié par IA
PARIS-DIEPPE. — LE PASSAGE A NIVEAU D’ACHÈRES. gallica.bnf.fr, modifié par IA

Translation by DeepL deepl.com
PARIS-DIEPPE. — AUTOMOBILE
    The Paris-Dieppe car race (170 kilometers) was a resounding success for those who never stopped believing in the ultimate triumph and complete acceptance of the automobile in our country.
   The race began on Saturday, July 24, at 9:00 a.m., on the Route des Loges in Saint-Germain. The event attracted 70 entries, 59 of which appeared at the starting line.
   Since the race was entered in, with a few exceptions, more by private car owners than by manufacturers, it is interesting to note the proportion of the various types of vehicles that started. There were 35 cars with 2 to 6 seats, 3 bicycles, 13 de Dion tricycles, and 8 small cars, 7 of which were Bollée-style small cars.
Finally, only one car, No. 40, belonging to the Count de Dion, was steam-powered.
From a practical standpoint, therefore, gasoline had definitively triumphed.
Starting at 9:00 a.m., the 59 competitors were sent off one after another, speeding down the road at full speed.

   At the Croix de Noailles, where we had taken our places, we watched them pass by at breakneck speed, and we particularly noted the dizzying pace of Gaston Rivierre’s gasoline-powered bicycle—the winner of the Bordeaux-Paris race—which was racing along at 50 kilometers per hour. Alongside it were the low-slung Bollée carriages, skimming the ground yet moving at express speeds, passing through the dust amid a deafening fanfare of horns. Finally, the Count de Dion’s steam-powered break, an enormous vehicle weighing 3 metric tons—a veritable road locomotive belching plumes of smoke and a clatter of wheels across the countryside—a monstrous catapult launched from Paris toward the shores of the English Channel.

   Rivierre himself recounted to us the various twists and turns of his race, which he would have won quite easily had it not been for a series of accidents.
   “I held the lead,” he told us, “without a hitch until just before Pontoise, on the Eragny hill, where there were quite a few people. Since they weren’t expecting to see us pass by yet, there was some hesitation about moving out of the way. I applied my brake, slowed down, and just as I was getting back up to speed, I saw Bollée’s car, No. 10, coming up behind me at full speed. I set off again, too, when—crack!—I heard a dull thud. It was Bollée’s car that had crashed into the ditch, while Millochau, who was following on his bicycle, had crashed onto the road.
   I just managed to cast a quick, sidelong glance their way before racing on to Méru, where I arrived in the lead. I was hurtling down the hills at breakneck speed; despite my 7m20 gear ratio, I couldn’t pedal and could only push the bike uphill. You can imagine whether I saw any of the scenery! I could only hear women screaming as I passed by, seized with terror. In Méru, it was the same old story—I was forced to stop dead in my tracks. My chain jumped off the sprocket, and there I was, spending three-quarters of an hour fixing it.
   I managed to fix it, though, and set off again. I must have dropped from first to thirty-fourth or thirty-fifth place. Still, I was moving so fast that between Méru and Gournay I made up 20 minutes of the time I’d lost to the single-seater Bollée that had taken the lead.
   Then, crack—after Gournay—I realized my chain had gotten caught between my sprocket and my frame. The sprocket had been cleanly sheared off.

   Behind Rivierre at first, and then ahead of him, his competitors engaged in a fierce battle, in which No. 45—a single-seat Bollée car—eventually gained the upper hand, beating the Count de Dion’s steam-powered break by 5 minutes.
   The average speed was such that the first finishers covered the 170 very rugged kilometers of the course in 4 hours and 15 minutes, at a speed of 40 kilometers per hour.
   Mr. Gaston Sencier, a representative from the newspaper Le Vélo, welcomed them in Dieppe, while the other officials, who had left Saint-Germain at 9:30 a.m. on a special train, did not arrive in Dieppe until after the first 12 finishers! What a disaster.

Here is the list of the first 15 finishers with their times, adjusted for the difference in start times.
No’s – NAMES – VÉHICLE TYPE – TIME
(see list above)
   For the final standings to be determined, there remains one absurd clause in the rules to be applied: the deduction of time lost by competitors at railroad crossings! One wonders how a single timekeeper—or even two or three—could have accurately measured the varying amounts of time lost by 30 competitors stopped at a crossing.
   As can be seen, in this contest the advantage lies with the motorcycles and lightweights: out of 24 starters, 10 finished in the top 15, while 5 cars placed well out of 35 competitors. Voiturettes and tricycles, unlike in the Paris-Marseille race, therefore won the event