The year 1900 has just passed the line, the rules for the first Gordon Bennett race in 1900 had been established so as the date ot the race and further agreements were made; then already the conflicts started. It was on some participating druvers, such as Antony (pseudonym for Mr. Debray), Giraud, Lemaaitre and Levegh (pseudonym for Mr. Velghe). It was allabout the way that these names were chosen. In other articles the selection criteria are mentioned. A comparison was even made with the selection system of a sailing contest, America’s Cup. (Translation separately).


Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais – gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory.
La Vie au Grand Air – No. 92, 7 janvier 1900
LA COUPE GORDON-BENNETT
LE monde de l’automobile vient de faire un héritage, mais un héritage dangereux. Il y a comme cela dans les familles des héritages qui sont des nids à discussions et à procès.
Tel fut l’héritage que fit l’Automobile-Club de France en l’espèce de la Coupe Gordon-Bennett, don généreux de l’excellent sporstman qu’est le directeur du New-Yod. Herald. La Coupe Gordon-Bennett est ou sera, car elle est encore dans le futur et n’existe qu’en commande, un challenge international dont voici les principaux règlements.
La Coupe est confiée à l’Automobile-Club de France à charge par lui de la défendre. Les Automobiles-Clubs étrangers sont seuls qualifiés, lorsqu’ils sont reconnus, pour lancer un défi au cercle français.
Voici comment les choses doivent se passer. L’Automobile-Club qui lance le défi choisit une équipe de trois hommes au plus, mais qui peut se réduire à un seul, auquel cas il est peut-être exagéré de l’appeler une équipe. L’Automobile-Club de France forme de son côté une équipe, elle est aujourd’hui formée. Les deux équipes doivent se rencontrer à une date à fixer entre le 15 mai et le 15 août, et sur une distance de 550 à 650 kilomètres, l’itinéraire étant à fixer également.
Il n’y a pas de classement par points. Il n’y a que le premier qui compte et c’est lui qui assure la victoire à son équipe. Ajoutons enfin que les voitures mises en ligne, car la course est réservée aux voitures, à l’exclusion des motocycles, doivent être entièrement fabriquées dans le pays dont leurs conducteurs portent les couleurs. Tel est le règlement de The International Motor Cup pour lui donner le nom sous lequel son donateur l’a offerte à l’Automobile-Club de France qui en Souvenir lui a donné le nom de Coupe Gordon-Bennett.
Ceci posé, passons à l’Affaire de la Coupe, car la Coupe à une Affaire, une terrible affaire même qui fait en ce moment couler presque autant d’encre que la course fera couler d’essence.
L’Automobile-Club de France ayant à choisir l’équipe chargée de défendre la Coupe en chargea d’abord sa commission sportive qui est, rappelons-le, présidée par M. René de Knyff. Or M. René de Knyff dont nous donnions récemment le portrait comme représentant de l’automobile dans les Princes du Sport, M. de Knyff était incontestablement qualifié pour prendre rang parmi les tenants de la coupe.
Par scrupule, il décida la Commission sportive qui seule aurait eu la compétence nécessaire à passer la main au Comité. Le Comité très embarrassé, — abondance de biens ne nuit pas, mais embarrasse bien souvent quand il faut choisir — le Comité choisit non pas une seule équipe, mais deux dont voici la composition. Équipe première, M. R. de Knyff, Charron et Girardot. Ce sont ces trois tenants dont nous donnons aujourd’hui les portraits.
L’équipe seconde est ainsi composée: MM. Chasseloup Laubat, Huillier, Lemaitre et Levegh.
Inde irae, comme disaient les Latins ; d’où des pleurs et des grincements de dents, comme dit l’Écriture.
Tous ceux qui n’étaient pas élus, et tous ceux qui étaient élus dans un mauvais rang protestèrent avec énergie.
Un véritable duel épistolaire s’engagea entre le président de l’Automobile-Club de France, le baron de Zuylen, représentant le cercle en la circonstance et Antony, pseudonyme de M. Debray, l’ex-champion cycliste devenu depuis l’un des champions du moteur. Finalement, malgré qu’Antony n’eut en somme exposé que de judicieux raisonnements, et demandé à ce que le choix fût fait par l’expérience, c’est-à-dire, par une course, l’infortuné fut repoussé avec perte et fracas et sa demande ne fut même pas examinée par le Comité sous le prétexte qu’elle avait été auparavant communiquée aux journaux. C’est pourtant un peu la mode aujourd’hui.
Un autre éliminé, Giraud et deux élus avec le rang d’outsiders, Lemaître et Levegh annoncèrent leur intention de passer la frontière, comme de simples caissiers et de venir enlever la Coupe à l’Automobile-Club de France au nom du cercle de Bruxelles. Un cinquième, Loysel se proposa de représenter les couleurs de l’Allemagne. En somme un beau gâchis.
Il aurait d’ailleurs été facile de l’éviter. Personne ne prétend que les trois tenants aient été mal choisis. On prétend simplement qu’ils ont été choisis au hasard des préférences d’un comité dont certains membres n’ont même jamais conduit une voiture. Et par-dessus le marché il se trouve que les cinq premiers ont jusqu’ici piloté une seule marque et en sont pour ainsi dire les défenseurs attitrés.
Qu’on nous permette de citer l’exemple du yachting, le sport qui a le plus d’analogies avec l’automobile.
Qu’a-t-on fait pour la Coupe America? On a mis en ligne cinq yachts américains spécialement construits pour la circonstance et c’est celui qui a battu les autres qu’on a chargé de défendre les couleurs américaines. Il aurait été simple d’agir ainsi !
J’ai essayé, pour ma part, d’obtenir un classement des chauffeurs basé sur le système des points adopté par les Américains pour leur championnat cycliste.
Dans toutes les courses qualifiées pour ce championnat, on donne cinq points au premier, quatre points au second, trois points au troisième, deux points au quatrième, un point au cinquième. A la fin de la saison, on fait à chaque coureur sa petite addition. Et celui qui arrive en tête de la liste est champion par points. C’est lui qui a figuré le plus honorablement dans l’ensemble de la saison.
J’ai considéré toutes les grandes épreuves ayant eu un caractère que nous pourrions appeler international, si tous les chauffeurs, ou presque tous, n’étaient Français. Les épreuves sur piste, les courses de l’étranger, et les petites courses de province ont été négligées. J’ai ainsi obtenu :
1. Girardot ……. 38 points
2. R. de Knyff …. 34 —
3. Levegh ………. 29 —
4. Lemaître ….…. 23 —
5. Charron ……… 20 —
Ce système n’a pas la prétention, répétons-le, d’être le classement idéal. 11 est certaines courses, Paris-Bordeaux par exemple, dans lesquelles une victoire a plus d’importance que certaines autres, d’autant plus que le vainqueur, qui fut cette année Charron, bat tous ses rivaux, ce qui n’arrive pas dans toutes les courses. Il n’en est pas moins vrai que ce système est encore celui qui rend le mieux compte de l’année automobile. En cyclisme, la forme d’un homme ne varie pas, en général, énormément d’une année à l’autre. Dans l’automobile, rien de plus facile, l’homme étant doublé par son véhicule.
Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, on peut être sûr que les couleurs françaises seront bien défendues contre les quatre pays qui ont manifesté l’intention de prendre part à ce challenge automobile, et qui sont l’Allemagne, les États-Unis, la Belgique, et l’Italie.
La date a été fixée au jeudi 14 juin 1900, jour de la Fête-Dieu. Le parcours sera décidé ultérieurement.
Il est probable qu’on demandera aux concurrents de chaque pays d’adopter une peinture uniforme pour leurs voitures. Le bleu serait, par exemple, la couleur des Français ; le rouge serait affecté à la Belgique ; le blanc à l’Allemagne; le vert à l’Italie ; le jaune aux États-Unis, afin de bien différencier les équipes.
GEORGES PRADE.
Photos.
Page 218.
L’équipe de l’Automobile-Club de France pour la Coupe Gordon Bennett.
M. Girardot, M. René de Knyff, M. Charron (Cliché Barenne)
M. Debray, alias Antony, qui a protesté contre la façon dont a été choisie l’équipe. (Cliché Otto.)
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