Since the initial Petit Journal contest of 1894, Paris was undisputedly the automobile capital. But some years later, Bordeaux more and more played an automotive role. In the May 1899 “Semaine Bordeaux” event, two “courses automobiles” were organized, that are reported in the article. Paris-Périgueux-Paris race, organized among others by “Le Vélo” (again, a newspaper), was the one-day festival opener over some 210 km, that was won by Henri Barbereauu in a Léon Bollé at a rate of some 56 kmh! Then came the Paris-Bordeaux race over 565 km, won by Ferrnand Charron in a Panhard&Levassor averaging about 48 kmh. The first three places were swept by Panhard&Levassor vehicles; one would say of course (in those years). This report gives a comprehensive summary of that week. (Translation separately)




Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr – Texte et photos compilé par motorracinghistory.com
La Vie au Grand Air – No. 38, 4 Juin 1899
LA GRANDE SEMAINE SPORTIVE DE BORDEAUX
Bordeaux qui fut autrefois la capitale incontestée du cyclisme est devenue aujourd’hui, si non celle de l’automobile, car Paris ne se laisserait peut-être pas aisément dépouiller de ce titre, au moins la capitale de l’automobile en province. Nice elle-même qui voit l’hiver tous les chauffeurs parisiens dans ses murs n’est pas comparable à Bordeaux.
La dernière semaine de mai, à Bordeaux, aura été à ce point une des plus belles et des plus passionnantes que nous ayons pu voir. Trois grandes épreuves, dont l’une double, se sont succédées en quelques jours : Bordeaux-Périgueux avec son retour Périgueux-Bordeaux; Paris-Bordeaux et Bordeaux-Paris.
Bordeaux-Périgueux-Bordeaux
Comme au théâtre, avant la grande pièce, se joue le petit lever de rideau, souvent exquis et bien joué, mais qui n’a pas sur l’affiche et pour le public les honneurs de la vedette ; de même, avant la grande pièce en trois actes, Paris-Bordeaux-Paris, nous eûmes le petit lever de rideau, Bordeaux-Périgueux, joué par les acteurs de la région, et fort bien joué ma foi.
La course comprenait deux journées; l’une sur le parcours Bordeaux-Périgueux, l’autre sur Périgueux-Bordeaux le lendemain. Toutes deux ont été gagnées de loin par M. Barbereau qui, avec une voiture de course merveilleusement vite, un véritable torpilleur, a fait du 56 kilom. à l’heure.
Le meeting automobiles bordelais-périgourdin avait d’ailleurs un caractère tout à fait bon enfant et tout à fait familial. Il y avait bien presque autant de catégories, de sous-catégories, que de concurrents ; mais cela i n’en a été que mieux, car chacun ou presque chacun a pu se croire vainqueur, et au I fond c’est | l’important, n’est-ce pas ?
Plus on est content, plus la fête, dans son ensemble, est réussie. L’Automobile bordelais avait d’ailleurs très bien fait les choses, et la course, de par le soin méticuleux apporté à son organisation aussi bien que par le nombre des concurrents et leur qualité, a été tout à fait à la hauteur des plus belles courses de Paris.
Il n’y manquait que quelques-uns des ténors de la pédale — de la pédale à débrayer — et deux jours après ils arrivaient à Bordeaux, à 60 kilomètres à l’heure, partis le matin même de Paris et franchissant le poteau d’arrivée peu après midi.
Paris-Bordeaux
Celle-là fut la grande épreuve, et par l’émotion qu’elle suscita dans toute la France, et par les vitesses atteintes. Qu’on réfléchisse un peu sur les chiffres. Le vainqueur Charron, déjà vainqueur de Paris-Amsterdam a couvert les 565 kilomètres du parcours en 11 heures 43 minutes, moins d’un tour de cadran !
On est d’ailleurs obligé maintenant sur de pareilles distances de donner des départs la nuit, et c’est un des points de vue les plus pittoresques et les plus amusants de la course.
Il vous aurait fallu voir la côte de Suresnes pleine de monde — à trois heures du matin — et pleine de monde chic, ce qui est plus incroyable. Beaucoup de sportmen, beaucoup de clubmen, beaucoup de jolies femmes, oui, des jolies Parisiennes, à trois heures du matin, au bout du pont de Suresnes! Et l’on dit que les Parisiennes n’adorent pas les déplacements. Il est vrai qu’il est plus facile de faire coucher tard les Parisiennes que de les faire lever tôt. Cela a d’ailleurs été l’un des spectacles les plus pittoresques auxquels nous avons assisté.
Qu’on se figure dans le bois de Boulogne les Chalets du Cycle étincelants de lumière et de bruit, où, jusqu’à dix heures du matin, soupeurs et soupeuses fraternisaient avec les concurrents. Puis le bois plein de traînées lumineuses, gais lampions multicolores des cyclistes, lanternes des moto cyclistes et des voituristes dont les trompes résonnaient étrangement dans la nuit du côté de la Cascade et de Bagatelle. Puis la côte de Suresnes, d’abord noire, s’éclairant peu à peu des premières lueurs violettes de l’aube. Dans un des restaurants de la côte, sur la droite, le contrôle installé au diable sur une table de café, et l’on commence à poinçonner les tricycles des concurrents.
Sur la chaussée, la foule commençant à grommeler dans la nuit, la file interminable des cyclistes grimpant la côte pour aller sur la route de Versailles voir passer tout à l’heure la course. Puis c’est l’agence des concurrents, des moto-cyclistes d’abord, qu’on appelle dans la nuit à la lueur d’un lampion de cycliste. C’est notre confrère Reichel, du Vélo, qui s’occupe de cette lâche. De temps à autre, rayant la nuit d’un flamboiement lumineux la lampe au magnésium, sous laquelle M. Doyé prend les clichés qui illustrent cet article.
Et toujours du monde qui arrive, les femmes coiffées de la casquette de chauffeur qui leur va si bien, crânement piquée sur le côté de la tête; les hommes couverts de peaux de bêtes avec des lunettes terribles. Et là-dessus le ronflement des moteurs, les énormes voitures mugissantes, fendant la foule dans des déluges de coups de trompe. Le tout forme un ensemble d’un caractère ultra-moderne, vraiment commencement d’autre siècle, et qui mérite vraiment d’être vu. Nous ne reviendrons pas sur le menu, tous les détails de la course qu’on a pu lire déjà dans tous les quotidiens, car tous les journaux de Paris ont parlé, et longuement parlé, de la course de notre confrère le Vélo.
On sait qu’au passage à niveau de Montretout, M. Lemaître, un des favoris de la course, tampon nait la voiture de Gilles Hourgières. Rien de grave pour les voitures, mais le mécanicien de M. Lemaitre, Flotte, pris de peur, sautait de sa voiture, se blessait grièvement et devait être transporté à l’hospice de Saint-Cloud dans un état, tel qu’un moment courut le bruit de sa mort
Devant lui une lutte effrayante s’engageait dans Versailles même, entre Charron et Giraud. Giraud qui grimpait les côtes à 50 à l’heure, Charron qui les descendait à 80, ne parviennent pas à se lâcher sérieusement avant Chàteaudun.
Malheureusement après Chàteaudun, vers Vendôme, Giraud, qui marchait superbement était victime d’un éclatement de pneumatiques. Sa roue d’arrière s’affaissait, et la voiture pivotant sur elle-même, à 70 à l’heure, renversait Giraud et son mécanicien assez grièvement blessés tous les deux.
La lutte devenait terrible devant Giraud. Charron, après avoir brillamment marché jusqu’à Poitiers, faiblissait un peu sur la dernière partie du parcours. Il était même un moment dépassé par Gilles Hourgières qui avait rattrapé son retard de 30 minutes du début, puis par René de Knyff qui lui prêtait même un brûleur. Avec son courage et sa ténacité habituelles, Charron reprenait l’avantage, dépassait René de Knyff, et trouvait même, sur le bord de la route, Gilles Hourgières, complètement affolé, sa voiture en panne, et cherchant partout d’où pouvait venir la cause du mal.



Finalement, Charron finissait premier en 10 h. 43, et derrière lui René de Knyff qui, l’année précédente avait battu Charron dans la même course. Comme troisième, Girardot qui, s’il a failli à sa touchante habitude d’arriver second, n’y a pas failli de beaucoup.
Dans les motocyclistes la lutte était encore plus chaude et plus incertaine. C’était d’abord le petit Renaut qui, avec son nouveau moteur lâchait tous ses concurrents dans les côtes jusqu’à Chartres. Puis Renaut disparaissait de la course, et c’étaient tour à tour Williams, l’italien Bugatti et Rigal qui prenaient la tête. Pour les trois favoris deux, Osmont et Marcellin, victimes d’accidents de machines, abandonnèrent dès le début: le troisième, Béconnais, victime d’une incompréhensible série dépannés se trouvait lamentablement à la queue du peloton.
Finalement, au milieu de la course, c’est le minuscule Bardin qui prenait le meilleur, et conservait la meilleure place jusqu’à Bordeaux, couvrant le parcours en 13 h. 22. Dire que tout Bordeaux était à l’arrivée, aux Quatre-Pavillons, serait peut-être exagérer, mais il y avait un monde fou, tous les sportsmen de la Gironde, et Dieu sait s’il y en a.
En somme, à Bordeaux comme à Paris, excellente journée, course des plus réussies.
A Bordeaux
Pendant quatre jours il y a eu à Bordeaux un véritable meeting dont le centre était l’exposition des Quinconces. Bordeaux a eu son concours d’élégance où des voitures véritablement élégantes se sont fait voir. Les carrossiers bordelais avaient d’ailleurs fait merveille. On en jugera par ce fait que seuls les carrossiers bordelais ont été primés, et pourtant il était venu de Paris de fort jolies voitures.
Pas une seule des voilures primées n’était d’ailleurs d’un type usuel de catalogue. Tous les concurrents avaient déployé dans leurs modèles la plus charmante fantaisie.



Bordeaux-Paris
La grande semaine automobile de Bordeaux s’est terminée par la 9 e épreuve de h grande course classique, Bordeaux-Paris, qui, pour ne mettre en ligne que les bicyclettes, est aujourd’hui semi-automobile.
Rarement la grande course, qui tous les ans fait vibrer Bordeaux, n’avait à ce point surexcité les esprits.
Tous les chauffeurs qui devaient entraîner les concurrents, tous bicyclistes qui devaient prendre part à un titre quelconque à l’épreuve, ne fût ce qu’en allant voir le départ, s’échauffaient pour leur favori. Qui allait l’emporter, de Huret, de Cordang, de Fischer, de Garin et de Riviérre? Jamais course n’avait réuni un tel lot de routiers.
Huret et Fischer avaient à coup sûr les meilleurs entraîneurs. L’on pouvait compter entre autres voitures celles de Girardot et de René de Knyff, le second sur celle de Charron.
Ceci joint à leur qualité devait leur assurer la course.
Dès le début la lutte s’engageait terrible entre eux. Cordang, qui était favori dans la course, mal entraîné, démoralisé, tombait une première fois avant Libourne, une second fois en passant à toute allure le passage à niveau de Guitres. Cordang, retombé, ne pouvait remonter à machine que pour pédaler péniblement jusqu’à Barbezieux, où il abandonnait définitivement.
Devant lui, dans la nuit profonde, au milieu de deux haies de feux de joie allumés par les paysans des bords de la route, Muret et Fischer engageaient une lutte acharnée. Huret prenait d’abord l’avantage, couvrant les 25 kilomètres de Bordeaux-Libourne en 32 minutes. Puis continuant à cette allure endiablée, Cordang arrivait à Angoulême, 125 kilomètres, en 2 heures 50, battant en cours de rouie le record du monde des l100 kilomètres.
Fischer ne perdait pas courage pour cela, puisqu’à Ruffec c’est lui qui passait premier. Huret, plus vite que son adversaire sur le terrain plat, reprenait bientôt l’avantage et continuant à cette allure de locomotive arrivait à Paris à 1 heure 35 minutes du soir, couvrant les 594 kilomètres en 16 heures 35 minutes, ce qui bat le record de 4 heures !
Donner une idée de la foule qui faisait la haie, il n’y a pas d’autre mot, de Limours à Paris, serait chose impossible. Au pont de Suresnes, sur les quais, c’était un véritable grouillement. Bordeaux-Paris est devenu la grande fête cycliste de l’aveu de tous, celle pour laquelle tous se mettent en route.
Si c’était le jour du Derby de Chantilly, certes il n’y a aucune comparaison à faire entre le monde qui se pressait à Chantilly et celui qu’il y avait a l’arrivée au Parc des Princes, pourtant plein à craquer. Mais si l’on réfléchit que la course se faisait depuis Bordeaux, à notre tour nous pouvons dire qu’il n’y a nulle comparaison entre la foule qui garnissait la pelouse et la haie de curieux entre laquelle ont passé les concurrents de Bordeaux-Paris.
Et voilà qui est réconfortant. Intéresser au sport tant de gens, sans l’influence du pari mutuel.
GEORGES PRADE

1. L’arrivée de Huret au Vélodrome, derrière la voiture de M. de Knyff. 594 kil. en 16 h. 35′ 47″ (moyenne à l’heure, 36 kil.) — 2. Huret, après avoir signé au contrôle d’arrivée est chaudement félicité On remarquera sur la jambe gauche la blessure que Huret s’est faite en tombant à Poitiers. — 3. Fischer après la signature au contrôle d’arrivée. — 4. Fischer arrive deuxième derrière la voiture de M. Charron (594 kil. en 17 h. 21′ 26″). Photos modifié par IA.

Photos.
Page 447.
LA COURSE BORDEAUX-PÉRIGUEUX. Le départ des tricycles. (Cliché Panajou.)
LA COURSE BORDEAU-PÉRIGUEUX. Le départ des voitures. (Cliché au magnésium Doyé.)
DEUX HEURES DU MATIN. Opération île plombage île Paris-Bordeaux. (Cliché Panajou.)
LA COURSE BORIDEAUX-PÉRIGUEUX. M. Barbereau, le vainqueur, accomplissant le parcours et retour kilomètres en 4 heures, 46’ 45”.
A BORDEAUX. L’exposition des voitures sur la place des Quinconces.
DEUX HEURES ET DEMIE DU MATIN. M. Frantz Reichel fuit l’appel îles concurrents à la lueur d’une bougie. (Cliché au magnésium Doyé.)
Page 449.
F. CHARRON, Gagnant de la course Paris-Bordeaux sur sa nouvelle voiture de course de 12 chevaux, couvrant la distance de 594 kil. en 11 h. 43’ 20”, ce qui donne comme moyenne la jolie vitesse de 48 kil. 198 m. à l’heure. (Cliché Panajou.)
TROIS HEURES ET DEMIE DU MATIN. Départ des voitures de Paris-Bordeaux. (Cliché au magnésium P. Doyé.)
LE COMITÉ DE LA COURSE PARIS-BORDEAUX attendant l’arrivée du premier. (Cliché Panajou.)
RENÉ DE KNYFF. Second de la course Paris-Bordeaux, accompagné de son groom, Aristide, effectuant le parcours en 11 h 51 m. (Cliché Panajou.)
Page 450
LA VOITURE DE M. GIRAUD, A VENDOME, APRÈS L’ACCIDENT. C’est la roue d’arrière démunie de pneumatique qui, en s’aplatissant, a causé la chute de la voiture. (Cliché Berteaux,)
LA VOITURE SUR LAQUELLE CHARRON A GAGNÉ LA COURSE AUTOMOBILE PARIS-BORDEAUX. (Cliché au magnésium Paul Doyé.)
LA COURSE BORDEAUX-PARIS
1. L’arrivée de Huret au Vélodrome, derrière la voiture de M. de Knyff. 594 kil. en 16 h. 35′ 47″ (moyenne à l’heure, 36 kil.) — 2. Huret, après avoir signé au contrôle d’arrivée est chaudement félicité On remarquera sur la jambe gauche la blessure que Huret s’est faite en tombant à Poitiers. — 3. Fischer après la signature au contrôle d’arrivée. — 4. Fischer arrive deuxième derrière la voiture de M. Charron (594 kil. en 17 h. 21′ 26″). (Clichés Beau,)
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