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La Course des Voitures Automobiles – Le Figaro – 12 June 1895

The very best known French newspaper, Le Figaro, even reported the first race event of history. A three-piece article was written by the well-known reporter Paul Meyan, who in later years was to write more and more on technical automotive developments. This first issue, dealing with the first half of the race really makes clear that the steamers reigned the first sections because of their speed. But it would not take long though, before they fell by the wayside. (Translation included at the end).

Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr
Texte et photos compilé par motorracinghistory, Translation by DeepL deepl.com
Le Figaro — 41e Année, 3e Série, No. 163, Mercredi, 12 juin 1895, page 2

La Course de Voitures Automobiles

   Les voilà donc en route. Que le temps superbe qui a, favorisé leur départ les accompagne jusqu’au retour et que les heurts leur soient légers.
   Dès neuf heures du matin, la place de l’Etoile, l’avenue de la Grande-Armée, l’avenue de Neuilly étaient noires de monde pour, assister au défilé des concurrents qui allaient affronter cette rude étape de douze cents kilomètres.
   Les différents véhicules automobiles sont venus, à l’heure dite, se ranger au pied de l’Arc de Triomphe, en présence du comité d’organisation qui se multipliait pour assurer les bonnes conditions de la course.
   Breaks, mails, voitures de toutes sortes attendaient eux aussi le signal du départ pour suivre le défilé jusqu’à Versailles.

   On s’est mis en route vers dix heures et, au milieu d’une nuée de vélocipédistes, le parcours s’est effectué en bon ordre et sans accidents jusqu’à Versailles, à un train, d’ailleurs, modéré.
   Le rendez-vous était à la place d’Armes. Là, après un dernier coup d’œil aux machines, après avoir complété les provisions d’eau et de charbon ou de pétrole, le dernier signal a été donné. Les voitures partaient l’une après l’autre, à des intervalles égaux de deux minutes et suivant un ordre fixé par voie de tirage au sort.

   Vingt et un départ ont été ainsi donnés à dix-neuf voitures et deux bicyclettes.
   Afin de mieux nous rendre compte de la marche effective des concurrents, en pleine course, nous les avons suivis jusqu’à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, c’est-à-dire dans cette partie du parcours qui est une des plus dures de l’itinéraire. Les côtes et les descentes, raides et dangereuses, s’y succèdent sans interruption sur une distance de quinze kilomètres; la traversée de Châteaufort était particulièrement intéressante à surveiller aussi les curieux qui disposaient de moyens de transport pratiques et rapides, bicyclettes ou voitures sans chevaux, s’y étaient donné rendez-vous et la route était, là, bordée d’une double haie de curieux.

   Nous avons pu voir, en cet endroit, que tous les concurrents, sans exception affrontaient la descente à toute vitesse, avec une audace frisant la témérité, et attaquaient ensuite la montée, qui succède immédiatement, à toute allure, et nous devons reconnaître que, dans les côtes, la vapeur faisait preuve, sur le pétrole, d’une supériorité incontestable.
   Aussi, comme le public, plus ou moins; ignorant des choses de la mécanique industrielle, se laissera toujours séduire; par la vitesse, les applaudissements et les encouragements allaient aux véhicules à vapeur qui, dans les montées, doublaient aisément et laissaient pour ainsi dire sur place leurs concurrents actionnés par les moteurs à pétrole.
   A Saint-Rémy-lès-Chevreuse, l’ordre de départ était déjà modifié et les premiers partis avaient dû céder la place à plus rapides qu’eux; mais la route est longue, les accidents, les causes de ralentissement peuvent être nombreux, et bien malin serait celui qui pourrait, sans se tromper, pronostiquer le vainqueur.
   Les contrôles sont placés à Orléans, Tours, Angoulême et Bordeaux, où a lieu le virage. Nous recevrons de là des dépêches qui nous signaleront les différents passages et nous permettront de suivre toutes les péripéties de cette course effrénée qui nous ménage sans doute des surprises.

   Et les surprises ne se sont pas fait attendre. Voici, en effet, le télégramme que nous recevons d’Orléans :
   Le concours de voitures automobiles a obtenu un très vif succès de curiosité à Orléans‘, et depuis quatre heures de l’après-midi, une foule de plus en plus compacte remplit la place Saint-Aignan, où se trouve l’hôtel Saint-Aignan, dans lequel est installé le contrôle. Toutes les arrivées se sont faites dans les meilleures conditions; chaque voiture contourne la place pour venir s’arrêter devant l’hôtel. La foule a applaudi à plusieurs reprises.
   La première voiture, le no 3, à M. de Dion, est arrivée à 4 h. 34; elle est repartie à 4 h. 40′. Les autres sont arrivées dans l’ordre suivant: No 5, Panhard, à 4 h. 40; no 15, Peugeot, 5 h. 13; no 8, au même; à 5 h. 36; no 6, Panhard, à 5 h. 40; no 28, au même, à 6 h. 48; no 12, à M. Roger, à 6 h. 56; no 16, Peugeot, à 6.h. 57; no 24, à M. Bollée, 6 h, 59; no 1, à M. de Dion, à 7 h. 11; no 13, à M. Roger à 7h;54; no 20, Serpollet, à 8 h. 9; no 7, à MM. Panhard et Levasseur, à 9 h. 19 n° 37, à M. Vincke à 9 h. 38; no 14, à MM. Duncan et Superbe; à 9 h. 46; no 18, à M. Gautier, à 10 h. 3. Presque toutes les voitures ont fait, à Orléans, soit du charbon et de l’eau, soit du pétrole et de l’eau, selon leurs systèmes toutes les opérations se sont effectuées avec une très grande rapidité.

   A 8 h. 40, la première voiture passait à Tours, à 234 kilomètres de Versailles.
C’est le n° 5, une voiture à pétrole à deux places de M. Panhard. Voilà donc un véhicule qui a marche à une allure moyenne de plus de 27 kilomètres à l’heure pendant; huit heures et demie. Que cette allure se soutienne pendant le reste de la course et on aura obtenu un résultat presque inattendu, surprenant même pour les promoteurs de la course qui avaient compté que ce serait fort beau déjà d’atteindre la moyenne de 20 kilomètres.
   La seconde arrivée à Tours est le n° 3, à M. de Dion, à 9 h. 50. Elle s’arrête: là, par suite d’une avarie survenue au piston.
   A 10 h. 10, le n° 15, à M. Peugeot, passe à son tour. A 10 h: 40, arrivent ensemble les no 6, à M. Panhard, et 8, à M. Peugeot.
   A minuit, arrive en bon état la voiture à pétrole à 5 places Panhard-Levasseur ; départ à minuit 30.
   C’est donc, à cette dernière heure, le pétrole qui tient la tête avec quatre voitures dont trois à deux places: et une à quatre places, toutes en bon état.
Paul Meyan.

Translation by DeepL.com
THE AUTOMOBILE RACE
   So here they are, on their way. May the beautiful weather that blessed their departure stay with them until their return, and may any collisions be minor.
   As early as nine o’clock in the morning, the Place de l’Étoile, the Avenue de la Grande-Armée, and the Avenue de Neuilly were packed with people eager to watch the parade of competitors who were about to tackle this grueling 1,200-kilometer stage.
   At the appointed hour, the various automobiles lined up at the foot of the Arc de Triomphe, in the presence of the organizing committee, which had mobilized in full force to ensure optimal conditions for the race.
   Station wagons, mail cars, and vehicles of all kinds were also waiting for the starting signal to follow the procession to Versailles.

   The procession set off around ten o’clock, and, amid a swarm of cyclists, the journey proceeded in good order and without accidents all the way to Versailles, at a moderate pace, incidentally.
   The meeting point was at the Place d’Armes. There, after a final glance at the vehicles and after replenishing supplies of water, coal, or kerosene, the final signal was given. The vehicles set off one after another, at equal two-minute intervals and in an order determined by a random draw.

   Twenty-one starts were thus given to nineteen cars and two bicycles.
   To get a better sense of the competitors’ actual progress during the race, we followed them as far as Saint-Rémy-lès-Chevreuse, that is, through the section of the course that is one of the toughest on the route. Steep and dangerous climbs and descents follow one another without interruption over a distance of fifteen kilometers; the stretch through Châteaufort was particularly interesting to watch, as onlookers with convenient and fast modes of transportation, bicycles or horseless carriages, had gathered there, and the road was lined on both sides with a double row of spectators.
   We were able to see, at this point, that all the competitors, without exception, tackled the descent at full speed, with a daring bordering on recklessness, and then attacked the immediately following climb at full throttle; and we must acknowledge that, on the climbs, steam demonstrated an undeniable superiority over petroleum.
   Moreover, since the public, more or less ignorant of the workings of industrial mechanics, will always be captivated by speed, the applause and cheers went to the steam-powered vehicles, which, on the climbs, easily overtook and, so to speak, left their gasoline-powered competitors in the dust.
   At Saint-Rémy-lès-Chevreuse, the starting order had already been changed, and those who started first had to give way to faster competitors; but the route is long, and there can be numerous accidents and causes for delays, so it would take a very shrewd person indeed to predict the winner without making a mistake.
   Checkpoints are located in Orléans, Tours, Angoulême, and Bordeaux, where the turn takes place. We will receive dispatches from there reporting the various checkpoints and allowing us to follow all the twists and turns of this frenzied race, which will no doubt hold some surprises for us.

    And the surprises were not long in coming. Here, in fact, is the telegram we received from Orléans:
   “The automobile race has drawn a huge crowd of onlookers in Orléans,” and since four o’clock in the afternoon, an increasingly dense crowd has filled Place Saint-Aignan, where the Hôtel Saint-Aignan is located, in which the checkpoint is set up. All the arrivals took place under the best conditions; each car circles the square before coming to a stop in front of the hotel. The crowd applauded several times.

   The first car, No. 3, driven by Mr. de Dion, arrived at 4:34 p.m.; it departed at 4:40 p.m. The others arrived in the following order: No. 5, Panhard, at 4:40 p.m.; No. 15, Peugeot, at 5:13 p.m.; No. 8, also a Peugeot, at 5:36 p.m.; No. 6, a Panhard, at 5:40 a.m.; No. 28, also a Panhard, at 6:48 a.m.; No. 12, driven by Mr. Roger, at 6:56 a.m.; No. 16, a Peugeot, at 6:57 a.m.; No. 24, driven by Mr. Bollée, at 6:59 a.m.; No. 1, driven by Mr. de Dion, at 7:11 a.m.; No. 13, driven by Mr. Roger, at 7:54 a.m.; No. 20, Serpollet, at 8:09 a.m.; No. 7, driven by Messrs. Panhard and Levasseur, at 9:19 a.m.; No. 37, driven by Mr. Vincke, at 9:38 a.m.; No. 14, to Messrs. Duncan and Superbe, at 9:46 a.m.; No. 18, to Mr. Gautier, at 10:03 a.m. Almost all the cars refueled in Orléans, either with coal and water or gasoline and water, depending on their systems, and all operations were carried out with great speed.

   At 8:40 a.m., the first car passed through Tours, 234 kilometers from Versailles.
It was No. 5, a two-seater gasoline-powered car belonging to Mr. Panhard. This vehicle has thus been traveling at an average speed of over 27 kilometers per hour for eight and a half hours. If this pace is maintained for the remainder of the race, the result will be almost unexpected—surprising even to the race organizers, who had reckoned that achieving an average of 20 kilometers would already be quite impressive.
   The second car to arrive in Tours was No. 3, driven by Mr. de Dion, at 9:50 a.m. 50. It came to a stop there due to a piston failure.
   At 10:10 a.m., No. 15, driven by Mr. Peugeot, crossed the line in turn. At 10:40 a.m., Nos. 6, driven by Mr. Panhard, and 8, driven by Mr. Peugeot, arrived together.
   At midnight, the five-seater Panhard-Levasseur gasoline-powered car arrives in good condition; it departs at 12:30 a.m.
At this late hour, therefore, gasoline-powered cars are in the lead with four vehicles, three two-seaters and one four-seater, all in good condition.
Paul Meyan.