Comment to this article of La Locomotion Automobile will follow suit.
(Translation included at the end).




Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory
La Locomotion Automobile — 10e Année, No. 22, 28 mai1903, pages 342-343
LES COURSES DE VITESSE
Notre excellent collaborateur, M. L. Béguin, nous envoie l’article‘ suivant sur les courses de vitesse. Il est inutile d’ajouter que nous laissons à l’auteur de ces lignes la pleine responsabilité de cet article. Mais nous sommes trop indépendants en ces matières pour ne pas donner la publicité de la Locomotion Automobile à toutes les opinions :
« A quoi sert de multiplier la vitesse si l’on multiplie également l’appétit de la vitesse? ».
(1 = Voir la Locomotion Automobile, « Autodromes et Motodromes » du 8 août 1901).
Posée à ses contemporains, il y a une cinquantaine d’années, par un homme qui connaissait l’humanité à fond, cette question pourrait être posée aujourd’hui aux constructeurs après chaque course de vitesse.
Que cherchez-vous donc, en effet, constructeurs de vitesse, que cherchez-vous si ce n’est à satisfaire votre clientèle? Et Croyez-vous que par le moyen de ces folles manifestations vous y arriverez jamais?
En dehors de ce fait, qu’une grande part, de votre activité est dépensée pour la réalisation de modèles spéciaux et pour l’organisation de votre « écurie » de course, qui vous coûtent des sommes énormes, et que vos frais généraux en sont augmentés d’une façon formidable, ce dont pâtit l’acheteur, ne voyez-vous pas que vous affolez votre clientèle qui s’imagine tout bonnement qu’elle aussi peut prétendre à faire du 80 ou du 100 à l’heure sur route?
Cent à l’heure aujourd’hui! Cent vingt demain, où est la limite? Qui la fixera? Et quelle sera la voiture assez rapide pour arracher le cri de satisfaction au névrosé qui veut aller toujours, toujours plus vite…, jusqu’à la chute fatale !
Raisonnons un peu, si vous le voulez encore. Vous me dites : « Qui peut le plus peut le moins. Dans les essais de résistance, on triple, on quintuple les charges imposées pour arriver à la certitude. Eh bien! nous allons à 100 à l’heure pour donner à nos clients la sécurité à 40. »
Ici je vous arrête; qui vous croira, Messieurs parmi les gens sérieux? Nous savons tous aujourd’hui que les voitures de course sont construites tout spécialement avec des métaux bien meilleurs, avec des renforcements inconnus sur les voitures ordinaires. Que devient dans ces conditions, cette soi-disant recherche de la sécurité pour la clientèle?
Que toutes les maisons qui fabriquent des automobiles commencent par employer des matières premières d’excellente qualité (les preuves abondent, hélas! que la qualité pèche souvent); et nous, nous nous contenterons d’essais faits sur route aux vitesses où, précisément nous demandons à marcher. Ras davantage.
Est-ce que les locomotives sont essayées à 300 à l’heure? Non, mais elles sont livrées et reçues après des essais rigoureux qui ne laissent aucun doute sur la qualité des matériaux employés. Pourquoi n’opérez-vous pas de la même façon?
L’automobilisme a commencé par être un sport! Il fallait cela, parait-il, pour attirer les capitaux qui ne vont guère aux entreprises sérieuses si elles ne sont préparées, accompagnées par des manifestations aimables et séduisantes.
Cette assimilation bizarre a donc eu son bon côté.
Mais nous pensions tous que cela ne durerait pas. Nous nous figurions que les courses de vitesse, utiles au début pour arracher à la masse le cri d’enthousiasme, céderaient la place à des concours rationnels, basés sur des formules d’allégeance, sur des maximums de consommation, sur des qualités d’endurance.
Il y en a eu, de ces concours, je le reconnais, mais il y en a eu trop peu et presque toujours la vitesse intervenait dans les formules comme un facteur nécessaire, comme « le facteur » seul intéressant.
Je vous entends venir: « Il n’y a que la vitesse qui intéresse la masse, en dehors de cela elle ne s’occupe guère d’un concours sérieux basé sur des idées raisonnables.
Tant pis pour la masse! Avez-vous, d’ailleurs, maintenant si besoin de ces manifestations?
Et puis, pourquoi la vitesse intéresse-t-elle la foule? Craignons de trop bien comprendre la raison qui amène sur le passage des monstres Paris-Berlin, Paris-Madrid, tous ces gens dont beaucoup ignorent les bienfaits que pourrait procurer la locomotion automobile. N’est-ce pas un peu le même motif qui fait l’intérêt captivant de la lutte du dompteur et du fauve, de celle du taureau et de l’homme?
Quant à moi, quant à beaucoup de mes amis, qui font du tourisme automobile, et se plaignent de l’état de choses actuel, nous voyons dans les courses de vitesse une manifestation dangereuse et pas autre chose.
Voir appliquer à la marche d’un véhicule informe transportant deux personnes l’énergie qui suffirait au fonctionnement d’une grande usine, et cela sans aucun enseignement, je le répète, et au mépris du respect que nous devons à la vie humaine, ce pendant que le client qui se présente aux ateliers se voit ajourné aux calendes grecques, cela, nous ne le comprenons pas, nous ne le comprendrons jamais.
Qu’on nous traite de rétrogrades, d’esprits chagrins, d’empêcheurs de se tuer en rond, notre opinion n’en sera aucunement modifiée : les courses ont par trop duré.
L’intérêt des constructeurs, aussi bien que l’intérêt des clients, leur commande de passer aux actes sérieux ; or, y en a-t-il de meilleurs, dé plus sérieux, pour un constructeur, que de chercher à contenter sa clientèle?
L. Béguin, Ingénieur, Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
Translation by DeepL deepl.com
SPEED RACES
Our esteemed contributor, Mr. L. Béguin, has sent us the following article on speed races. Needless to say, we hold the author of these lines fully responsible for this article. However, we are too independent in such matters to withhold the publicity provided by Locomotion Automobile from any opinion:
“What is the point of increasing speed if the appetite for speed also increases?”
(1 = See *La Locomotion Automobile*, “Autodromes and Motodromes,” August 8, 1901).
Posed to his contemporaries some fifty years ago by a man who knew human nature thoroughly, this question could be posed today to manufacturers after every speed race.
What, indeed, are you seeking, you manufacturers of speed? What are you seeking if not to satisfy your customers? And do you believe that through these reckless spectacles you will ever achieve that?
Aside from the fact that a large part of your business is devoted to producing special models and organizing your racing “team”—which cost you enormous sums—and that your overhead costs are increased tremendously as a result, which the buyer ends up paying for—don’t you see that you’re driving your customers crazy, leading them to naively believe that they, too, can expect to drive 80 or 100 per hour on the road?
A hundred per hour today! A hundred twenty tomorrow—where’s the limit? Who will set it? And what car will be fast enough to elicit a cry of satisfaction from the neurotic who wants to go faster and faster… until the fatal crash!
Let’s reason a bit, if you’re still willing. You tell me: “He who can do the more can do the less. In endurance tests, we triple or quintuple the loads imposed to achieve certainty. Well then! We’ll drive at 100 per hour to ensure our customers’ safety at 40.”
I’ll stop you there; who among serious-minded people will believe you, gentlemen? We all know today that race cars are built specifically with far superior metals and reinforcements unknown in ordinary cars. Under these conditions, what becomes of this so-called pursuit of safety for customers?
Let all automobile manufacturers begin by using raw materials of excellent quality (there is, alas, abundant evidence that quality often falls short); and we, for our part, will be satisfied with road tests conducted at the very speeds at which we expect the cars to travel. Nothing more.
Are locomotives tested at 300 per hour? No, but they are delivered and accepted after rigorous testing that leaves no doubt as to the quality of the materials used. Why don’t you operate the same way?
Motorsports began as a sport! Apparently, that was necessary to attract capital, which rarely flows to serious enterprises unless they are presented in a pleasant and appealing light.
This bizarre association did, however, have its positive side.
But we all thought it wouldn’t last. We imagined that speed races—useful at first for eliciting cries of enthusiasm from the masses—would give way to rational competitions based on weight-to-power ratios, fuel efficiency limits, and endurance.
There have been some of these competitions, I admit, but there have been too few, and almost always speed was included in the criteria as a necessary factor—as “the” only factor of interest.
I can hear you saying: “Speed is the only thing that interests the masses; apart from that, they care little for a serious competition based on reasonable ideas.
Too bad for the masses! Do you, for that matter, even need these events anymore?
And besides, why is speed of interest to the crowd? We may be all too aware of the reason that draws all those people to the Paris–Berlin and Paris–Madrid races—many of whom are unaware of the benefits that automobile travel could provide. Isn’t it more or less the same motive that makes the struggle between the tamer and the wild beast, or that between the bull and the man, so captivating?
As for me, and for many of my friends who go on road trips and complain about the current state of affairs, we see speed races as nothing more than a dangerous spectacle.
To see the energy that would be sufficient to power a large factory applied to the movement of a shapeless vehicle carrying two people—and this, I repeat, without any regard for the respect we owe to human life—while the customer who walks into the repair shop is put off indefinitely—we do not understand this, and we never will.
Let them call us reactionaries, sourpusses, or killjoys—our opinion will not change in the slightest: this charade has gone on far too long.
It is in the interest of both manufacturers and customers to take serious action; and what could be better or more serious for a manufacturer than seeking to satisfy its customers?
L. Béguin, Engineer, Alumnus of the École Polytechnique.





