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A Propos de Paris-Madrid – La Locomotion Automobile – 28 May 1903

Comment to this article of La Locomotion Automobile will follow suit.
(Translation included at the end).

Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory
La Locomotion Automobile — 10e Année, No. 22, 28 mai1903, pages 342-343

A PROPOS DE PARIS-MADRID – LES CAUSES DES ACCIDENTS

   Dans une lettre que j’adressais samedi à M. le directeur de la Locomotion Automobile, je lui. faisais part des craintes que j’éprouvais au sujet de la solidité de certaines voitures de Paris-Madrid; j’ai vu des voitures légères dont les roues présentaient des défauts d’ajustement de 5 à 6 dixièmes de millimètres, d’autres dont les plaques de moyeux étaient ridiculement minces, des voitures de 1000 kilos dont les essieux avant avaient une section insuffisante même avec le meilleur métal connu et l’on met sur ces organes essentiels de solidité des moteurs d’une puissance telle que l’on peut aborder des vitesses plus grandes que sur les chemins de fer (1 = Le rapide Paris-Calais marche à 100 kilomètres à l’heure de moyenne, sans arrêt avec trois ou quatre ralentissements, sa vitesse maximum ne dépasse jamais 120 kilomètres.).
   Je ne crois pas toutefois que les accidents qui mettent en deuil aujourd’hui l’industrie automobile tout entière aient eu pour cause ces négligences coupables de certains constructeurs trop légers ou insuffisamment compétents pour aborder la construction de voitures de course. Les causes des accidents mortels survenus peuvent tous se classer dans les catégories suivantes :
   La principale cause est la poussière soulevée par les véhicules marchant à 100 kilomètres à l’heure qui est telle que plusieurs minutes ne suffisent pas pour la faire tomber, elle prend à la gorge le conducteur de la voiture d’arrière, l’étouffe et le pousse aux pires audaces; de plus, malgré les lunettes efficaces, il est dans un brouillard opaque, et il lui faut dépasser une voiture tenant une bonne moitié de la route jà cause de sa voie très large, indispensable pour sa stabilité) en donnant un effort maximum, c’est-à-dire une vitesse où la direction est presque impossible en raison des effets gyroscopiques qui se produisent.
   Nous avons eu devant nous le spectacle impressionnant de plusieurs dépassements entre Ablis et Chartres et tous nous avions un réel moment d’angoisse notamment quand nous avons vu Louis Renault dépasser Jarrott et réellement à ce moment la voiture légère volait par bonds à plus de 150 kilomètres à l’heure. Celui-là était, un conducteur hors ligne, mais combien dans les 300 engagés n’avaient pas le sang-froid ou l’habitude indispensables.

   Le problème est vraiment trop difficile à résoudre avec des routes poussiéreuses, et quelques ondées d’orage auraient peut-être évité plus d’un accident.
   La seconde cause d’accident est l’ignorance du public et l’insuffisance de service d’ordre en bien des points.
   Nous avons vu entre Ablis et Chartres un garde champêtre, dont l’intelligence fonctionnait aussi mal que les jambes, traverser à plusieurs reprises la route dans des conditions dangereuses entre toutes, sous les yeux mêmes d’un gendarme dont l’attitude indiquait des libations fâcheuses et nous avons dû faire nous-mêmes la police de la route car les paysans étaient d’une imprudence mille fois plus grande que les gens compétents qui se tenaient au-delà des fossés hors de tournants, de façon à éviter, autant que possible, d’être atteints par un accident possible.
   Il y a eu, aussi, d’autres causes d’accident.
   Est-ce qu’une voiture bien établie conduite par un homme prudent devrait être détruite par un incendie d’essence? Le tout est de bien placer les orifices de remplissage des réservoirs et de ne pas s’affoler inutilement pendant les ravitaillements.
   Est-ce que le règlement n’aurait pas dû être tel qu’un conducteur souffrant comme était Marcel Renault puisse se faire remplacer avec l’approbation des commissaires généraux ?
   Le grand constructeur de Billancourt avait demandé, en effet, à ne pas partir, mais, le règlement à la main, les commissaires généraux ont dû lui déclarer que s’il ne partait pas sa voiture ne partirait pas non plus et pour ne pas diminuer les chances de sa maison, Marcel Renault est parti malgré tout.
   Souhaitons donc que ces accidents douloureux mettent fin à a l’organisation des courses sur routes.

   Avec les vitesses énormes durement enregistrées de 143 kilomètres à l’heure en palier et 100 kilomètres à l’heure de moyenne, il est impossible de lancer sur des routes qui appartiennent à tous, les monstres mécaniques actuels.
   La solution est dans la course de faible distance organisée dans une propriété particulière (1 Voir la Locomotion Automobile, « Autodromes et Motodromes » du 8 août 1901).
   La course automobile doit cesser de se faire sur des routes, pour n’avoir plus lieu que dans une propriété particulière où l’autorisation gouvernementale ne sera plus nécessaire, sur des pistes spéciales en palier et en pente, entretenues, goudronnées et arrosées au juste point, avec des barrières interdisant l’approche des spectateurs et des appareils de mesure à poste fixe.
   On aura ainsi le moyen de faire des courses par catégories, c’est-à-dire de faire des compétitions soit de voitures, soit de voiturettes, soit de motocyclettes sans lancer sur les voies publiques à une minute d’intervalle comme samedi dernier :
137 voitures ; 33 voiturettes ; 54 motocyclettes, soit 224 véhicules, chiffre officiel des partants.
   L’Automobile Club a le devoir de faire étudier par les Commissions compétentes qu’elle a instituées les moyens de conserver des compétitions indispensables au développement de l’industrie automobile en évitant les accidents inhérents à la course sur routes.
   Evidemment, le conducteur d’une voiture lancée à grande vitesse, risque sa vie, moins peut-être que le jockey des courses d’obstacles, mais il faut éviter que les accidents atteignent soit les spectateurs, soit les soldats commandés pour le service d’ordre, soit même des conducteurs hors ligne par suite d’un cas fortuit ou les défectuosités d’un règlement.
Lucien Périsse, Ingénieur des Arts et Manufactures.

Translation by DeepL deepl.com
ABOUT PARIS-MADRID – THE CAUSES OF ACCIDENTS
   In a letter I sent Saturday to the director of Locomotion Automobile, I expressed my concerns regarding the sturdiness of certain Paris-Madrid cars; I have seen lightweight cars whose wheels had alignment defects of 5 to 6 tenths of a millimeter, others whose hub plates were ridiculously thin, and 1,000-kilogram cars whose front axles had an insufficient cross-section even when made of the best known metal—and yet engines of such power are mounted on these essential structural components that speeds greater than those on railroads can be reached (1 = The Paris-Calais express train travels at an average speed of 100 kilometers per hour, nonstop except for three or four slowdowns; its maximum speed never exceeds 120 kilometers).
   I do not believe, however, that the accidents that are now plunging the entire automotive industry into mourning were caused by such culpable negligence on the part of certain manufacturers who were too careless or insufficiently competent to undertake the construction of race cars. The causes of the fatal accidents that have occurred can all be classified into the following categories:
   The main cause is the dust kicked up by vehicles traveling at 100 kilometers per hour, which is so thick that even several minutes are not enough for it to settle; it chokes the driver of the car behind, suffocates him, and drives him to the most reckless actions; furthermore, despite effective goggles, the driver is in an impenetrable fog and must pass a car occupying a good half the road (due to its very wide track, essential for stability) by driving at maximum speed, that is, at a speed where steering is nearly impossible because of the gyroscopic effects that occur.
   We witnessed the impressive spectacle of several passing maneuvers between Ablis and Chartres, and we all experienced a real moment of anxiety, especially when we saw Louis Renault pass Jarrott; at that very moment, the lightweight car was practically flying in fits and starts at over 150 kilometers per hour. That driver was truly exceptional, but how many of the 300 entrants lacked the necessary composure or experience?

   The problem is simply too difficult to solve on dusty roads, and a few thunderstorms might have prevented more than one accident.
   The second cause of accidents is public ignorance and the lack of traffic control in many places.
   Between Ablis and Chartres, we saw a rural police officer, whose wits were as slow as his legs, cross the road repeatedly under the most dangerous conditions imaginable,
 right before the eyes of a gendarme whose demeanor suggested he’d had a few too many drinks, and we had to act as our own traffic police because the farmers were a thousand times more reckless than the sensible people who stood beyond the ditches and away from curves, so as to avoid, as much as possible, being caught up in a potential accident.
   There were, moreover, other causes of accidents.
   Should a well-maintained car driven by a cautious man be destroyed by a gasoline fire? The key is to position the fuel tank fill ports properly and not to panic unnecessarily during refueling.
   Shouldn’t the rules have allowed a driver in such distress as Marcel Renault to be replaced with the approval of the general commissioners?
   The great manufacturer from Billancourt had, in fact, asked not to start the race, but, with the rules in hand, the general commissioners had to inform him that if he did not start, his car would not start either; and so as not to diminish ]his team’s chances, Marcel Renault started the race anyway.
   Let us therefore hope that these painful accidents will put an end to the organization of road races.

   Given the enormous speeds duly recorded, 143 kilometers per hour on a straightaway and an average of 100 kilometers per hour, it is impossible to unleash today’s mechanical monsters on roads that belong to everyone.
   The solution lies in short-distance races organized on private property (1 See “La Locomotion Automobile”, “Autodromes and Motodromes,” August 8, 1901).
   Automobile racing must cease to take place on public roads and be confined solely to private property, where government authorization will no longer be required, on special flat and sloped tracks that are well-maintained, paved, and properly watered, with barriers preventing spectators from approaching and fixed measuring devices in place.
   This will make it possible to hold races by category, that is, to organize competitions for either cars, small cars, or motorcycles, without releasing them onto public roads at one-minute intervals, as happened last Saturday:
137 cars; 33 small cars; 54 motorcycles, a total of 224 vehicles, the official number of starters.
   The Automobile Club has a duty to have the relevant commissions it has established study ways to preserve the competitions that are essential to the development of the automotive industry while avoiding the accidents inherent in road racing.
   Obviously, the driver of a car traveling at high-speed risks his life, perhaps less so than a jockey in steeplechase racing, but we must prevent accidents from affecting spectators, soldiers assigned to maintain order, or even drivers who are forced off the course due to unforeseen circumstances or flaws in the regulations.
Lucien Périsse, Engineer of Arts and Manufactures.