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Toujours la Coupe – l’Auto – 28 December 1904

At the end of december 1904, the French Autombile Club, as well as several manufacturers and drivers gathered to discuss organising a new event, next to the Gordon Bennet Cup. Their first ideas were discussed and a day later, a response of the committe of the ACF was expected. Here is a summary of this first meeting. (Translation separately).

Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory
L’Auto — 5e Année, No. 1535, 28 décembre 1904

TOUJOURS LA COUPE

La réunion d’hier. — Une proposition intéressante. — Devant le Comité de l’A.C.F.

   Lors de leur dernière réunion, les constructeurs qui doivent prendre part aux Eliminatoires de la Coupe avaient décidé de remettre à hier soir la suite de la conversation (et non de la discussion). Ainsi qu’ils l’avaient dit à ceux de nos collaborateurs qui les virent cette réunion devait être tout amicale et officieuse, et l’on devait simplement se borner à des échanges d’idées sur la situation présente et sur ce qu’il conviendrait de faire dans l’intérêt de notre industrie.
   Plusieurs constructeurs n’ayant pu venir chez Ledoyen hier soir, c’est en tout petit comité que nous avons pu causer. Il y avait là MM. Armand Peugeot, Girardot, Michelin, II. Fournier, Collot, Faroux, Cousin, Prade et votre serviteur.
   Point n’était besoin de revenir sur cette formule de la Coupe Gordon Bennett, qui n’a plus maintenant sa raison d’être, et de suite on étudia les moyens qu’il conviendrait de prendre pour établir une épreuve plus régulière, où notre industrie pourrait lutter avec des armes proportionnées à son importance.

   Quelle pouvait être la solution ? Peut-être la trouve-t-on dans cette proposition que fera aujourd’hui M. Armand Peugeot au comité de l’Automobile Club de France qui doit être seul juge en l’occurrence.
   Ne conviendrait-il pas de solliciter des pouvoirs publics la fondation d’un Grand Prix International de l’Automobile, grande épreuve ouverte à tous et à tous les pays ? Là, plus de règlement limitant les représentants de chaque industrie, égalité pour tous et surtout établissement d’un règlement plus en accord avec l’état actuel de l’industrie et les progrès qu’elle a faits.

   La Coupe Gordon Bennett signifie trop maintenant alors qu’elle ne devrait rien signifier. Le sort d’une industrie, les bénéfices considérables qu’elle peut donner ne doivent pas être compromis a la légère par des banalités telles qu’un éclatement de pneumatique ou une aile de mouche dans un carburateur. Il faut qu’une épreuve nouvelle vienne régulièrement établir un critérium ; cette épreuve pourrait être le Grand Prix International de l’Automobile.
   Il faut, dans l’intérêt de la France, demander au gouvernement de faire quelque chose pour l’industrie automobile, et lui sera-t-il possible de rester sourd à l’appel de vingt chambres syndicales représentant vingt industries qui vivent de l’automobile et nourrissent des milliers d’ouvriers dont il faut envisager le sort ?
   Que va devenir la Coupe Gordon Bennett ? demandez-vous.

   Elle va reprendre immédiatement sa valeur propre. La Coupe n’a eu son importance actuelle que lorsqu’elle a quitté la France après l’heureuse victoire d’Edge, qui l’enlevait dans Paris-Vienne, alors qu’il passait à, Innsbruck derrière une douzaine de voitures qui le battaient facilement sur le parcours total.
   Rendons maintenant à la Coupe Gordon Bennett la valeur qu’elle doit avoir, celle qu’elle avait avant l’Irlande. Rien ne sert plus simple que de la faire courir concurremment avec le Grand Prix International de l’Automobile comme elle fut courue jadis dans Paris-Vienne et dans Paris-Bordeaux.
   Comme je l’ai dit plus haut M. Armand Peugeot, au nom de ses collègues, va proposer au comité de l’A.C.F. cette après-midi ce qui fut proposé hier entre constructeurs. C’est là le moyen de tout concilier et de sauvegarder les intérêts de la première industrie automobile du monde dont le succès ne doit pas être compromis par de ces incidents bêtes dont les conséquences valent des millions perdus.
   Ainsi peuvent être résumées les opinions émises hier ; attendons maintenant la décision que prendra l’Automobile Club de France.                                
J. Miral.  

L’Auto, 5e Année, No. 1535, 28 Décembre 1904, page 3.
La Coupe Gordon Bennett et le Grand Prix International
QUELQUES OPINIONS
   C’est aujourd’hui que se réunit le comité de l’A.C.F. pour discuter de la Coupe Gordon-Bennett et décider sur quel parcours se courra la fameuse épreuve qui, plus que jamais, défraie les conversations dans les milieux sportifs, tant en ce qui concerne la course elle-même qu’en ce qui touche les à-côtés.
   Cette année, l’accessoire semble devoir l’emporter sur le principal, en théorie tout au moins, car il semble difficile d’obtenir pour 1905 un amendement aux règlements en vigueur, une modification à la façon dont se courra la Coupe.
   Nous avons eu l’occasion de recueillir à l’issue du magnifique banquet qu’offrait hier l’A.C.F. aux exposants, l’opinion de quelques-unes des personnalités les plus autorisées pour donner un avis sur cette question.
   L’ensemble des constructeurs paraît être d’avis qu’il convient de protéger l’industrie française, vraiment trop exposée à l’heure actuelle, et dont les atouts dans la partie internationale qui doit se jouer, sont plus qu’insignifiants et peu proportionnés à ceux des adversaires.
   Il faut des armes égales, c’est-à-dire « proportionnelles ».
* * *
   M. Girardot nous expose nettement sa façon de penser :
   « Il est inadmissible, nous dit-il, que le sport hippique ait ses grands prix de 100 ou de 200,000 francs, alors que l’automobilisme n’a rien.
   « Il convient donc d’insister auprès des pouvoirs publics pour que nous soient accordées et les autorisations et même les subventions nécessaires pour créer une grande épreuve internationale sans éliminatoires et au cours de laquelle se pour*** disputer la Coupe Gordon Bennett. Est-ce possible pour 1905 ? J’en doute, et le regrette. »
   M. Mors, sans paraître hostile à ce projet, réserve sa façon de penser et estime que « pour arriver, il ne faut pas partir trop vite “.
   C’est aussi l’opinion de M. Fernand Renault, qui considère que la Coupe Gordon Bennett est « la, Coupe América de l’automobile et qu’il faudra trouver une formule d’épreuve véritablement, ‘sensationnelle pour pouvoir arriver à donner à cette épreuve une notoriété égale à celle de la Coupe Bennett ».
   M. Brasier, un partisan convaincu du Circuit des Ardennes, approuve le projet d’une course internationale sur des bases nouvelles, mais ne croit pas l’épreuve possible en 1905.
   M. Michelin, tout en estimant qu’il ne faut rien changer à la Coupe Bennett, trouve qu’il conviendrait d’organiser, dans un avenir rapproché, une épreuve plus importante et plus logique surtout, au point de vue de la représentation proportionnelle.
   Ce qui préoccupe particulièrement M. A. Clément, c’est la question du droit d’entrée. L’éminent constructeur est d’autant plus fondé d’en parler que le côté pécuniaire n’est pas pour le gêner. Il plaide donc la cause des fabricants peu fortunés et regrette l’importance de la somme à verser par chaque voiture engagée. Il se rallie d’ailleurs à l’opinion de la majorité favorable, comme nous l’avons exposé, au projet d’une épreuve nouvelle en concordance avec les intérêts généraux des divers pays concurrents.
* * *
   N’oublions pas de donner en terminant l’originale opinion de M. Munroe :
   « Que la nation qui a le challenge soit défiée par la nation qui aura triomphé dans des éliminatoires mondiales. De la sorte la nation « defender » n’aura jamais contre- elle qu’un nombre égal de « challengers x, quel que soit le nombre des véhicules qualifiés pour’ chacune des deux nations en présence. »
   Peut-être est-ce là la vraie solution.
* * *
   Toujours est-il que, si la généralité des avis recueillis-semble favorable à l’organisation d’un Grand Prix International, encore faut-il ajouter que la plupart des constructeurs, bien que le déplorant, estiment que si la décision doit être prise avant que se coure la Coupe de 1905, elle ne doit pas avoir d’effet rétroactif et n’être applicable qu’à partir de 1906.
Pierre Souvestre.

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