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La Coupe Gordon Bennett, Victoire de l’équipe francais – Le Vélo – 15 June 1901

Introduction on the title is on it’s way. (Translation included at the end).

Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory
LE VÉLO — 9e Année, No. 2,753, Vendredi, 15 Juiln 1900

La Coupe Gordon Bennett

VICTOIRE DE L’EQUIPE FRANÇAISE
1er CHARRON (Panhard et Levassor), en 9 heures 9 minutes ;
2e Girardot (Panhard et Levassor), en 10 heures 36 minutes 23 secondes.
Arrêtes : René de Knyff, Winton, Jenatzy.
L’équipe française a enlevé la Coupe Gordon Bennett.
   Charron, pilotant une fois de plus une voiture de la grande marque P. L., décidément invincible, est arrivé premier à Lyon, à MIDI 23 MINUTES, par un temps à souhait. Bravo !
   Le départ ayant été donné à 3 h. 14 du matin, les 56b kilomètres ont été franchis par le vainqueur en 9 HEURES 9 MINUTES. C’est-à-dire à la vitesse moyenne de
61 kil. 857 mètres à l’heure
   Il est bon de remarquer tout de suite que les concurrents étaient contraints d’aller à Lyon par un drôle de chemin — en tournant le dos au but pendant 60 kilomètres !

   Cet Itinéraire, allongé exprès pour donner environ 550 kilomètres à la course et rester dans le programme de M. Gordon Bennett et qu’on eût pu cependant, à notre avis, modifier avec le consentement du donateur, diminue un peu la valeur de la performance. Il montre l’automobile battue par te train express de Paris-Lyon, alors que c’est elle qui le bat.
En effet, ledit express Paris-Lyon part de Paris à 2 heures et arrive à Lyon à 10 h. 53 du soir ; il met donc 9 heures moins 7 minutes à relier les deux gares.
L’automobile a mis hier 9 heures et 9 minutes ; différence en faveur du train : 16 minutes.
Mais le train ne parcourt que 512 kilomètres. Charron en a parcouru 566, en allant au diable vau vert chercher Chartres et Orléans. A la même allure de 61 mil. 857 m. à l’heure, il eût franchi les 512 kilomètres en 8 HEURES et 16 MINUTES.
Donc plus vite que l’express — et ce sur la route.

   Dommage que les organisateurs n’aient pas tenu à mettre en relief cette comparaison sur deux distances à peu près égales : la route. la plus directe et la ligne du chemin de fer desservie par un express.
   Enfin c’est fait. N’épiloguons point ; passons plutôt au compte rendu détaillé de l’épreuve.
   Elle a été, comme on va le voir, féconde en péripéties. Le revirement des Belges. la panne de René do Knyff, l’avarie de Girardot, les mésaventures de Winton, tout a concouru à une déroute quasi-générale. Encore un peu et personne n’arrivait ! Charron, heureusement, a sauvé l’honneur, bien que mal en point, lui aussi. L’essentiel est que tout sc soit passé Avilis accidents de personnes.
Gazolin.

LE DÉPART
   C’est un peu après 3 heures, exactement à 3 h. 14 m. qu’a été donné le départ, sur la toute de Versailles, à l’entrée du parc de Saint-Cloud, après le passage à niveau de Montretout. Due qu’à cette heure plutôt indue et dans cet endroit il y avait foule serait exagérer.
   Mais j’ai bien compté deux cents spectateurs, venus en automobile ou à bicyclette, sans parler des courageux qui avaient poussé à quelques kilomètres en avant pour voir passer les concurrents.
   Très pittoresque d’ailleurs ce départ et surtout ces préparatifs faits dans la demi-obscurité du jour naissant.
   Des ouvriers armés de grosses lanternes s’empressent autour des voitures, leur donnant le coup de « filon ». Les allées et venues de ces ombres ont quelque chose de fantastique sous les grands arbres du parc, au-dessus desquels s’estompe la faible et indécise lueur du jour qui va pointer,

Jenatzy part
   Les spectateurs s’empressent autour des voitures, les inspectant de leur mieux. Celle de l’Américain Winton, ramassée, trapue pour ainsi dire sur ses roues basses obtient un gros succès de curiosité.
   A côté, un groupe s’entretient près de la voiture du Belge Jenatzy, car Jenatzy, malgré ce qui nous avait été annoncé quelques heures auparavant, va se mettre en ligne. Au dernier moment, à la dernière minute, pour ainsi dire, le conducteur de la « Jamais-Contente » s’est ravisé, sur les instances de plusieurs compatriotes qui tenaient ù ce Que les couleurs belges fussent représentées.
   Il n’a d’ailleurs pas la voiture qu’on lui avait faite spécialement pour la Coupe et qui n’a pu arriver à temps ; il part sur une voiture « quelconque », nous dit-on.
   Une réclamation est aussitôt déposée contre lui, les pneus dont est muni son véhicule étant, parait-il, de fabrication française.
   On enregistre la réclamation sans d’ailleurs y faire grande attention, tant il paraît tacitement entendu que le chauffeur belge ne part que pour la forme.

L’Allemand s’abstient
   A la surprise générale, le représentant de l’Allemagne, M. Eugen, que l’on considérait comme un partant certain, déclaré ne pas partir, bien qu’étant présent avec sa voiture. Ses pneumatiques montés à la dernière minute ne sont pas en état.
   Il proteste d’ailleurs formellement contre le délai beaucoup trop court qui lui a été accordé pour se préparer à la course.
   J’ajoute que Jenatzy et plusieurs autres Belges présents déclarent faire la même protestation au nom de la Belgique.
Cinq parlants
   Mais Vaincre s’avance ; on n’attendait qu’elle. Le starter, M de Chasseloup-Laubat, qui semble être seul à représenter le comité d’organisation et qui se multiple pour répondre à tous, fait ranger les cinq concurrents et leur donne brièvement les dernières instructions.
Voici la liste officielle des partants :
1. R. de Knyff (France).
2. Jenatzy (Belgique).
4. Winton (Amérique).
5. Charron (France).
7. Girardot (France).
   Quelques secondes d’attente encore et le starter donne le signal ; le chronomètre d’Edouard de Perrodil marque 3 h. 14 m.
La vision a passé
   Une pétarade effroyable déchire les airs et les cinq voitures s’ébranlent. Au milieu de la forte montée, après le tunnel, où je me suis porté pour les voir passer, le spectacle de ces cinq monstres à pétrole grimpant la côte à 60 à l’heure est réellement impressionnant.
   En tête et à coté l’un de l’autre : René de Knyff, grave dans sa majestueuse barbe et Girardot, toujours jovial. Derrière, à quelques mètres, viennent ensemble Charron, Jenatzy, et Winton, les yeux calmes derrière ses lunettes, comme un capitaine à la barre d’un torpiller.
   Quelques secondes et comme un boulet de canon, la vision a passé.
Victor Broyer.

Translation by DeepL
THE BICYCLE – Ninth Year. — No. 2,753 – Friday, June 15, 1900
The Gordon Bennett Cup – VICTORY FOR THE FRENCH TEAM
1st: Charron (Panhard & Levassor), in 9 hours, 9 minutes;
2nd: Girardot (Panhard & Levassor), in 10 hours, 36 minutes, 23 seconds.
Co-drivers: René de Knyff, Winton, Jenatzy.
The French team won the Gordon Bennett Cup.
   Charron, once again driving a car from the great P. L. brand—which proved to be truly invincible — arrived first in Lyon at 12:23 p.m., under ideal weather conditions. Bravo!
   With the race starting at 3:14 a.m., the winner covered the 56b kilometers in 9 HOURS 9 MINUTES. That is to say, at an average speed of
61 kilometers, 857 meters per hour
   It is worth noting right away that the competitors were forced to take a strange route to Lyon—driving with their backs to the finish line for 60 kilometers !
   This route, which was deliberately extended to bring the race total to approximately 550 kilometers and stay within Mr. Gordon Bennett’s schedule—and which, in our opinion, could have been modified with the donor’s consent—somewhat diminishes the value of the achievement. It suggests that the automobile was beaten by the Paris-Lyon express train, whereas in fact it was the automobile that beat the train.
In fact, the Paris-Lyon express departs Paris at 2:00 p.m. and arrives in Lyon at 10:53 p.m.; it therefore takes 9 hours and 7 minutes to travel between the two stations.
The automobile took 9 hours and 9 minutes yesterday; the train’s advantage was 16 minutes.
But the train covers only 512 kilometers. Charron covered 566 kilometers, going off to the middle of nowhere to reach Chartres and Orléans.
At the same speed of 61 miles 857 meters per hour, he would have covered the 512 kilometers in 8 HOURS and 16 MINUTES.
So faster than the express train—and that on the road.
   It’s a shame the organizers didn’t make a point of highlighting this comparison between two roughly equal distances: the most direct road route and the railroad line served by an express train.
   Well, it’s done now. Let’s not dwell on it; let’s move on to the detailed report of the race.
   As we’ll see, it was full of twists and turns. The Belgians’ turnaround, René do Knyff’s breakdown, Girardot’s mechanical failure, Winton’s misadventures—it all contributed to a near-total rout. A little more and no one would have made it! Charron, fortunately, saved the day, though he, too, was in rough shape. The main thing is that everything went off without any personal injuries.
Gazolin.

THE START
   The start was given a little after 3:00 a.m.—at exactly 3:14 a.m.—on the Versailles road, at the entrance to Saint-Cloud Park, past the Montretout railroad crossing. To say there was a crowd at this rather unusual hour and in this location would be an exaggeration.
   But I did count two hundred spectators, who had come by car or bicycle, not to mention the brave souls who had pushed on a few kilometers ahead to watch the competitors pass by.
   The start was very picturesque, especially the preparations made in the half-light of the breaking day.
   Workers armed with large lanterns bustle around the cars, giving them the “start signal.” The comings and goings of these shadows have a fantastical quality under the park’s tall trees, above which the faint and uncertain glow of the dawning day fades.
Jenatzy sets off
   Spectators crowd around the cars, inspecting them as best they can. The car belonging to the American Winton—compact, stocky, so to speak, on its low wheels—draws a great deal of curious attention.
   Next to it, a group gathers near the car of the Belgian Jenatzy, for Jenatzy—despite what we had been told a few hours earlier—is going to take his place on the starting line. At the very last moment, at the eleventh hour, so to speak, the driver of the “Jamais-Contente” changed his mind, at the urging of several compatriots who insisted that the Belgian colors be represented.
   Moreover, he does not have the car that had been specially built for him for the Cup, which failed to arrive in time; he is racing in a “run-of-the-mill” car, we are told.
   A protest is immediately filed against him, as the tires on his vehicle are, it seems, of French manufacture.
   The protest was recorded, though little attention was paid to it, as it seemed tacitly understood that the Belgian driver was participating only for form’s sake.
The German Withdraws
   To everyone’s surprise, the representative from Germany, Mr. Eugen—who had been considered a sure starter—declared he would not race, even though he was present with his car. His tires, which had been mounted at the last minute, were not in good condition.
   He also lodged a formal protest against the far too short time allotted to him to prepare for the race.
   I would add that Jenatzy and several other Belgians present declared they were making the same protest on behalf of Belgium.
Five competitors (Five participants)
   But Vaincre pulls up; everyone was waiting just for her. The starter, Mr. de Chasseloup-Laubat—who appears to be the sole representative of the organizing committee and who is running around to respond to everyone—lines up the five competitors and briefly gives them final instructions.
Here is the official list of starters:
1. R. de Knyff (France).
2. Jenatzy (Belgium).
4. Winton (America).
5. Charron (France).
7. Girardot (France).
   A few more seconds of waiting, and the starter gives the signal; Edouard de Perrodil’s stopwatch reads 3 h. 14 m.
The procession has passed
   A terrifying roar tears through the air, and the five cars lurch forward. In the middle of the steep climb, after the tunnel—where I had positioned myself to watch them pass—the sight of these five gasoline-guzzling monsters climbing the hill at 60 to l’heure is truly impressive.
   In the lead and side by side: René de Knyff, solemn beneath his majestic beard, and Girardot, ever jovial.
 Behind them, a few meters back, come Charron, Jenatzy, and Winton together, his eyes calm behind his glasses, like a captain at the helm of a torpedo boat.
   In a matter of seconds, like a cannonball, the sight had passed.
Victor Broyer.