If anyone might have tought that Europe wouldn’t be interested in US motor racing: here’s proof of the contrary. In it’s first active publishing year, the French magazine La Locomotion Automobile publishes in all three reports on the first American motoring race; written by their US correspondant Charles Loved. This second article shows that preliminary trials were planned fo October 26 and the race, as previously, was planned for November 2. The first US application of pneumatic tyres in this Times-Herald race is mentioned too. Interesting is the information exchange between US and French automotive magazines. (Translation separately).




Avec l’autorisation du Bibliothèque national francais gallica.bnf.fr Texte et photos compilé par motorracinghistory
La Locomotion Automobile — 2e Année, No. 9, Septembre 1895, pages 204-208
Les Automobiles en Amérique (1)
Comme nous l’avons annoncé dans le dernier numéro, la course d’automobiles organisée par le Times-Herald, un des plus importants journaux des Etats-Unis, est toujours fixée au 2 novembre prochain. Nous recevons de Chicago de nouveaux détails qui montrent combien cette grande épreuve internationale passionne les esprits dans le monde des amateurs comme dans le monde des chercheurs.
Toutes les voitures engagées que nous avons déjà décrites accomplissent chaque jour de superbes performances, à l’entraînement, sur la route de Milwaukee, où des essais éliminatoires doivent avoir lieu le 26 octobre. Outre la voiture à gazoline de Géo W. Lewis, la voiture à vapeur Hartley, la voiture électrique Lewis Parry, la voiture électrique Sturgis, l’automobile de Camden, l’automobile de Trenton, la voiture à gazoline Bowman et tous les véhicules dont nous avons annoncé l’entrée en lice, nombre d’autres viennent de se mettre sur les rangs et il est permis de croire que plusieurs dont on commence à parler entreront en ligne au dernier moment.
Il faut citer la bicyclette automobile importée de Paris par M. Vanderbilt. Elle est, comme on sait, actionnée par le moteur Daimler qui a eu à peu près tous les honneurs de la course Paris-Bordeaux-Paris. A ce titre elle fait exception et sensation de l’autre côté de l’Atlantique. Il ne paraît pas jusqu’à présent que le moteur allemand puisse obtenir en Amérique l’étonnant succès qu’il a si facilement remporté en France. A ce dernier point de vue les résultats du concours Milwaukee-Ghicago, comparés à ceux de la course Paris-Bordeaux-Paris, ne manqueront point sans doute, d’un certain piquant.
(1) Lire dans la Locomotion Automobile, n° 9, septembre 1895, le premier et intéressant article de notre correspondant Charles Loved : Les Automobiles en Amérique. — La course du Times-Herald.
Mais le moteur n’est pas tout, les transmissions de mouvement et la carrosserie ont aussi leur importance. En ceci les ingénieurs américains, qui ont, comme vous pensez bien, visité l’exposition de la galerie Rapp et qui connaissent aussi ce qui se fait en France par les nombreuses descriptions et illustrations publiées par la Locomotion Automobile, s’inspirent de l’exemple de leurs devanciers et cherchent à les imiter dans ce qu’ils ont présenté de plus parfait à la curiosité publique. Us ont remarqué notamment que les voitures à roues caoutchoutées étaient en parfait état après la course, malgré l’épreuve sévère à laquelle elles avaient été soumises. Dans le concours du Times-Herald, presque toutes les roues auront des bandages en caoutchouc. Ces bandages sont composés d’un mélange très élastique adhérent à la jante et maintenu par la tension d’une forte couronne de caoutchouc pur. Une expérience de plusieurs années prouve que ces bandages peuvent résister sans se déchirer à des parcours dont les longueurs totalisées s’élèvent jusqu’à 30,000 et 40,000 kilomètres.
Ils n’ont pas oublié non plus qu’une voiture à bandages pneumatiques a fait la course sans aucun accident, malgré son poids de 800 kilogrammes. Les roues pneumatiques pour voitures, même très lourdes, sont tout à fait à l’ordre du jour en Amérique: une importante société de carrossiers, la « Columbia pneumatic Wagon Wheel Co », vient de modifier son organisation en vue de la construction et de l’exploitation en grand des roues à bandages pneumatiques dont le succès est assuré. Elles ont, en général, un diamètre à peu près double de celui des roues de bicyclettes et une solidité proportionnelle à la charge qu’elles doivent supporter.
L’examen des différents organes des véhicules à leur retour de la course Paris-Bordeaux-Paris, a encore mis en évidence ce fait curieux : dans les transmissions de force par engrenage, les dents s’effilent assez rapidement sans que cette modification spontanée nuise au bon fonctionnement de la machine. Profitant de cette remarque, les constructeurs américains donnent une forme allongée aux dents des pignons et l’on assure que les résultats sont excellents : le travail est plus uniforme, les dents engrènent exactement comme dans les rouages d’une montre, l’effort est plus également réparti sur les surfaces en contact et les dangers de rupture sont diminués dans une forte proportion. Enfin, des expériences faites avec le plus grand soin établissent que le coefficient de frottement est moindre pour des dents pointues que pour des dents carrées.
Le même esprit d’observation a conduit les constructeurs à réunir dans leurs véhicules ces conditions qui ne sont véritablement contradictoires qu’en apparence : la solidité, la légèreté et la puissance. Dans ce but ils ont étudié minutieusement chaque détail de la voiture et rogné sur le poids autant que possible. Certaines pièces qui n’ont pas besoin d’une grande résistance, les lanternes, par exemple, sont en aluminium. Le travail de traction se trouve diminué d’autant à la montée des côtes.
Ce qui donnera à la course du Times-Herald un caractère nouveau, c’est (ce qui a manqué à la course Paris-Bordeaux-Paris) la présence d’un bon nombre de voitures électriques. Il y en aura plus encore qu’on ne l’avait d’abord supposé, et c’est sur elles que se concentre plus particulièrement l’intérêt. Pourrait-on leur dénier des chances‘ de succès dans un pays où tout marche à l’électricité, où la merveilleuse fée moderne triomphe dans toutes les branches de la science et de l’industrie? Si les constructeurs d’automobiles voient leurs espérances déçues, ils auront au moins cette consolation de savoir que les conjectures du public le seront en même temps.
Il convient de dire toutefois que chaque type de voitures a ses chauds partisans et que la vapeur, le pétrole et l’électricité ont leurs intérêts rivaux représentés par un nombre à peu près égal de véhicules. Leurs chances paraissent se balancer. Aussi, comme bien l’on pense, les paris s’engagent — car en Amérique rien ne va sans pari. Le « betting » est avec le dollar, surtout en matière sportive, l’âme du progrès. Vous n’êtes pas assez persuadés de cette vérité en Europe.
Probablement il y aura des surprises et il faudra peut-être compter avec l’outsider motor qui se cache en quelque coin. Il serait pour nous téméraire de hasarder des pronostics avant les essais préliminaires du 26 octobre et même avant les épreuves définitives du 2 novembre.
Ce que nous pouvons faire de mieux, c’est d’attendre patiemment les résultats et de les exposer aux lecteurs de la Locomotion Automobile aussitôt qu’ils seront connus.
Nous ne saurions taire cependant qu’ils sont déjà escomptés. Dans les différents centres industriels des Etats-Unis, de grandes compagnies sont en formation pour la construction et l’exploitation de certains types d’automobiles. On parle pour quelques-unes de plusieurs centaines de milliers de dollars.
Les constructeurs français sont, jusqu’à présent, à la tête du grand mouvement automobile qu’ils ont créé. Mais il ne suffit pas d’imaginer, il faut encore perfectionner à outrance et surtout lancer l’invention. S’ils n’y prennent garde, ils vont avoir à se mesurer, dans des conditions peut être inégales, avec les imposants capitaux de l’industrie américaine. La partie est désormais engagée devant l’opinion entre les constructeurs américains et les constructeurs français. Ces derniers, il est vrai, indépendamment de leur expérience indiscutable et de leur valeur personnelle, ont dans leur jeu deux forts atouts : la permanence du Comité de la Course Paris-Bordeaux-Paris, qui s’apprête à leur assurer pour l’avenir d’éclatants succès, et l’appui de cette prodigieuse association sportive, le Touring-Club, qui de la France, son centre d’action, étend son influence sur le reste du monde et leur fera toujours la meilleure et la plus universelle publicité.
J’ajouterais, si les rédacteurs de la Locomotion Automobile me le permettaient, que cette Revue spéciale, si appréciée même à l’étranger, a donné aux constructeurs français les gages les plus certains de son dévouement :
« Elle a pour but, disait-elle, dans le leader article de son premier numéro, de faire briller au grand jour de la publicité et de l’illustration toutes les découvertes dont l’autolocomotion s’enrichira, de stimuler les efforts des chercheurs, d’encourager toutes les bonnes volontés et de soutenir, dans la mesure de ses forces, l’œuvre du progrès. » (1 = Voir la Locomotion Automobile, décembre 1894.)
Elle n’a point failli à son programme, et la page — pour n’en citer qu’une — où elle publie, au lendemain de la course de juin 1895, le tableau si artistique des neuf voitures sorties victorieuses de cette épreuve gigantesque, est un véritable monument de l’histoire du sport moderne élevé à la gloire de l’Autolocomotion française.
Toutefois, vos ingénieurs auraient tort de se désintéresser de ce qui se fait en dehors d’eux et d’oublier l’article 6 de la course du Times Herald où il est dit que : toutes les voitures automobiles ayant obtenu des prix ou des mentions honorables au concours Paris-Rouen de 1894, ou à la course récente Paris-Bordeaux-Paris, seront dispensées des essais éliminatoires du 26 octobre et admises immédiatement, de plein droit, à prendre part à l’épreuve définitive du 2 novembre.
Charles Loved.
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