In the very early hours of 26th of June 1902, many thousand spectators gathered in Paris and Champigny to whitness the start of the 1902 Paris-Vienna Race, that was to last until 29th June. This issue of La Vie au Grand Air mentioned that even ten thousand spectators were on the road that night. Must have been something like: „And in the naked lights I saw, ten thousand people maybe more“ by Simon and Garfunkel in the Sound of Silence. This gathering of so many people must have been an unprecedently happening. The first car started 4 o’clock in the morning and a 112 more were to follow until bright daylight. Finally, at the end of this first day, René de Knyff finished first in Belfort. (Translation separately).




Text et photographies avec l’autorisation de Bibliotheque national francais, gallica.bnf.fr; compilé par motorracinghistory.
La Vie au Grand Air, No. 199, 1 juillet 1902, Issue spécial.
Paris ~ Vienne I – De PARIS à BELFORT
Le départ de la course automobile Paris-Vienne a été donné le 25 juin, entre trois heures et demie et sept heures et demie du matin, à cent treize concurrents, au haut de la côte de Champigny, en présence d’un concours prodigieux de spectateurs — qui fit de cette grandiose épreuve un des événements sportifs les plus considérables qui ait jamais été.
La documentation photographique, exceptionnellement complète, que nous publions aujourd’hui, ne manquera pas d’attirer vivement l’attention des lecteurs de la Vie au Grand Air, sur les tours de force d’information et de rapidité accomplis à leur intention.
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Mercredi 25 juin, dix heures du soir. — Une soirée de Paris dont toute l’animation est transportée dans la rue où passe comme une longue traînée de vapeurs d’essence, où tintent des grelots inaccoutumés, où brillent, pâlottes sous leurs enveloppes de couleur, des lumières rapides. A l’intérieur des cafés, sur les boulevards, à Montmartre, au Quartier Latin, des habitués sont là, habillés en chauffeurs ou en cyclistes, qui interrompent les manilles ou jeux de billards de paroles automobiles. Dans les music-halls, au promenoir, un public distrait qui sait pour une fois où il ira après le spectacle et à l’heure où s’emplissent d’ordinaire les établissements de nuit, l’immense exode vers l’est de Paris, d’une masse grouillante qui s’envole, délaissant les habituels plaisirs nocturnes, vers un spectacle où les femmes n’ont point part, à la recherche d’un plaisir qui ne doit rien au Champagne.
Une attraction sportive cause tout ce mouvement et aspire, dans la violence de son intérêt, un peuple de curieux.
A travers le boulevard Saint-Germain et la rue de Rivoli, les exclamations partent, dans l’agitation d’une horde ininterrompue et indiquent le rapprochement de tous les milieux, cercleux et employés, bourgeois et ouvriers, noctambules ou matinaux, tous sont là, que l’idée de passer la nuit par la fraîcheur de l’été commençant n’a pas effrayés, et qui partent simplement parce qu’ils savent là-bas quelque chose de beau à voir, peu soucieux du lendemain, de sa plume lourde, de ses yeux pleureurs, de ses bâillements terribles, avant sa tâche quotidienne.
Paris-Vienne, un fantôme insaisissable dans sa grandiose évocation de folles choses et qui planait sur la France entière, et dont à cette heure les contours fuyants se précisent au point que chacun espère lui arracher toute la science d’émotions qu’il recèle.
Ding l Ding ! Teuf ! Teuf ! Va donc, eh ! « Veau pas cuit ! » Dans la masse grouillante qui fuit vers le bois de Vincennes, cyclistes, chauffeurs, cochers et piétons se hèlent, s’interpellent et s’injurient sur un ton élevé et joyeux, et le défilé commencé à neuf heures, continue régulier à minuit. Ding ! Ding ! Teuf ! Teuf ! Eh ! hop !
Minuit. — Les paisibles trains de banlieue, qui emmènent ordinairement à l’allure d’une locomotive poussive, les habitants des environs de Paris, retour du théâtre, sont envahis d’une foule inhabituelle, en besoin de vitesses exagérées. Dans le croisement des conversations touchant la vie de tous les jours avec sa monotonie et ses rancœurs, la gaieté apparaît de l’occasion d’un événement si important qu’il occasionne une nuit de distraction violente et comme un moment de joie dans la triste suite des occupations ordinaires. Un vent de folie semble planer sur cette foule qui rêve de kilomètres fantastiquement brûlés, et à chacune des multiples stations qui précèdent Champigny, un chœur d’une ironie rageuse hurle de l’impériale des wagons, des refrains connus : et scande
— C’est bien dommage, Qu’elle boîte comme çà, La pauv‘ fille. — tandis qu’à l’intérieur des wagons des voies répondent
— Ousqu’est Sant-Nazaire…
L’ivresse de la course a envahi ces piétons, ces hommes qui ne sont pas sportsmen, mais qui veulent voir, voir tout de suite les machines et les gens « qui vont vite ».




Champigny, 1 heure du matin. — La route qui conduit au départ. — Les cyclistes passent sur la route depuis 9 heures du soir. Un défilé de lanternes vénitiennes et multicolores qui sort indéfiniment du tournant de là-bas, plonge dans la nuit et s’allonge, s’allonge sur la côte qui monte au fort. Sans trou dans la suite, cette caravane lumineuse est effarante de nombre et de continuité. Caravane d’affranchis qui, tout à l’heure, vont chercher au gré de leur fantaisie la place de chacun, en hommes que 10 kilomètres de plus ou de moins n’effrayent pas.
Des cyclistes, encore des cyclistes, coupés çà et là d’automobiles dont les gros phares projettent sur toute la route des rayons lumineux— et les indifférents habituels des choses du sport qui sont venus là, poussés par une vague curiosité ou pour accompagner des amis plus sportifs, regardent, stupides d’étonnement « tant de gens que le sport passionne au point de leur faire passer gaiement une nuit blanche ».
Au départ une foule de gendarmes. Piétons et cyclistes se rendent à quelques kilomètres de là pour voir passer les coureurs. Personne d’officiel en vue, ni contrôleurs, ni voitures ; sur des coins de table, des correspondants étrangers rédigent des dépêches, disant le succès du départ. Les auberges avoisinantes sont encombrées, des débitants de victuailles installés çà et là obtiennent un succès fou. Quelques prudents envahissent de plus ou moins vagues restaurants et avalent une omelette. A 5 heures du matin, on ne trouvera plus une tranche de jambon, ni une tasse de café à quatre kilomètres à la- ronde — et toujours les spectateurs passent en un fouillis de moyens de locomotion variés. A travers les carreaux ternis d’un mastroquet on aperçoit un éclair de magnésium.
Deux heures et demie. — « Le triomphe de la photographie » ou « Comment on reporte à la Vie au Grand Air. » Les cracks de la course arrivent sur leurs monstres. Voici Gabriel, Girardot, Fournier, de Knyft, baron de Caters, Edge, les Farman. — Un moment de pose pour la Vie au Grand Air, s’il vous plaît ! — Parfaitement. Deux secondes de mise au point, un éclair, et le crack, harponné un instant, reprend sa liberté. — Peu de chose en somme. Mais lorsqu’on s’adresse à des gens qui ont bien d’autres chats à fouetter, l’incident prend singulièrement d’importance.
3 heures et demie. – A perte de vue, une route noire de monde, coupée maintenant çà et là, de maigres patrouilles de gendarmes, impuissants et inutiles. « Ils » vont tout broyer ? Non. — La foule parisienne est admirable. — Tout à l’heure on ne comptera pas un doigt écrasé. Sous la longue banderole “ Paris-Vienne départ “ Girardot a arrêté sa machine toute palpitante.
Comment ils démarrent. — Quel peut être l’état d’âme de ces conducteurs qui vont parcourir 1500 kilomètres, le volant en main, à l’allure de course et quel bizarre sentiment d’infini et de doute peut envahir les esprits au moment du départ ? Tous ont la main ferme… mais les yeux clignent. Les narines se pincent, les bouches s’allongent en moue. Un rien d’émotion.
Une première fois le drapeau s’abaisse, et Girardot le guignard, » l’éternel second » s’enfonce. A Dieu vat ! dit-il en un geste de main, et sa lourde machine qui tremblait terriblement, s’arrête tout à coup pour filer en un long glissement sur la route où un tour de manette lui fait en quelques secondes atteindre la vitesse de 100o kilomètres à l’heure. La foule s’écarte et la trombe passe, ne laissant derrière elle qu’une poussière aveuglante.
Voici Fournier, splendide, fort et fier sur cette machine dont il est l’âme, et avec laquelle il semble faire corps. De tous les chauffeurs qui partent, il est le plus beau, et lorsqu’au signe du starter il laisse filer sa voiture, il semble s’enlever dans un mouvement en avant de la tête et du cou qui n’est pas l’adieu résigné de Girardot, mais le signe d’une volonté ferme de passer toujours en avant. La malchance a frappé ce véritable pur-sang de l’automobile.
Edge, flegmatique, ni un geste ni un sourire; de Knyff, dédaigneux presque qui jure depuis deux heures de l’encombrement et paraît heureux de sentir devant lui une route libre; Gabriel souriant, de Caters, dont la figure fine est cachée d’un voile qui passe sous le menton, tous s’élancent avec le même entrain, et le même tranquille mouvement de main, pauvre et infime petit geste, précipite la machine en avant.
4 heures. — Dans la descente de la Queue-en-Brie, à 4 kilomètres du départ. — Depuis Je départ j’ai vu, de mes yeux vus, près de vingt mille personnes dont dix mille sont là venues voir les coureurs en pleine vitesse dans le « tournant dangereux ». L’impression est saisissante. La course a l’air terminée tant la foule l’encombre. Tout à coup, un journal surgit au bout d’un bras, tout en haut de la côte, puis deux, puis dix, cent et un grand cri qui semble comme s’allonger: « Le voilà, le voilà ! »
Une trombe débouche. Mystère des foules parisiennes. Tout le monde s’est écarté et le bolide dérapant terriblement dans le virage de cette descente à 7 p. 100, passe sans égratigner personne. La foule se referme. Toutes les deux minutes la scène recommence. Et ils sont là plus de cinq cents, qui, de trois heures et demie à huit heures, sont restés pour agiter le journal en l’air et crier de deux minutes en deux minutes. « Attention! le voilà ».
Le retour. — Cent treize passent sur la route, voitures légères, voiturettes, tricycles, motocyclettes. Depuis une heure déjà la foule commence à s’en aller. Figures hâves, traits tirés, yeux bouffis, tous regagnent Paris où les appellent leurs occupations journalières, fatigués, épuisés, surtout maintenant que l’excitation du spectacle est passée. La fatigue de la nuit blanche se fait sentir, contents malgré tout, et racontant déjà, comme longtemps encore ils la raconteront, l’impression inoubliable laissée par ce magnifique événement, un des signes les plus éclatants de l’idée sportive en France.
Midi, place du Théâtre-Français. — L’Auto – Vélo vient de paraître ! sa deuxième édition ! De Knyff, premier à Belfort !
A. FOUCAUT.
Photos.
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LA PREMIÈRE ÉTAPE DE PARIS-VIENNE. – RENÉ DE KNYFF, PREMIER A BELFORT.
La première journée de la course Paris-Vienne a été un succès pour la cause automobile. C’est René de Knyff qui est sorti vainqueur de cette première étape, couvrant les 38o kil. du parcours, neutralisations déduites, en 4 h. 16 m. 30 s, 3/5 soit à une vitesse moyenne de 90 kilo à l ‚heure, la plus grande vitesse obtenue jusqu’ici en course. Le « roi des chauffeurs » a remporté en même temps la Coupe d’Arenberg, attribuée à la première voiture arrivée marchant à l ‚alcool.
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Pendant le poinçonnage, devant l’Automobile-Club.
Quelques tricycles qui vont marcher avec l’alcool national.
Une voiture allemande dont on a fort remarqué le radiateur, formé d’une série de tubes circulaires, aplatis et concentriques.
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Une autre voiture allemande qu’il est plus prudent d’examiner au départ, car à l’arrivée…
Au pesage, la voiture de Teste.
Fournier se rendant au poinçonnage avec sa voiture munie de pneumatiques Continental. (Cliché Kodak).
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LA NUIT, AU DÉPART
1. La voiture de René de Knylf, munie de pneumatiques Michelin (Magnésium). — 2. A la lumière des lampes à alcool -il est une heure du matin – une spectatrice parcourt le numéro du jour de la Vie au Grand Air que d’avisés camelots sont venus vendre autour du contrôle de départ. — 3. M. Huet, commissaire général, donne le départ à Tart, sur sa voiturette Clément, munie de pneumatiques Dunlop, 4 h. 3g. — 4. Devant le fort de Champigny 5 heures du matin. — 5. La foule au départ. — 6. Un des concurrents les plus entourés, M. Henri de Rothschild, sur sa voiture munie de pneumatiques Continental.
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(Magnésium, 2 heures du matin.) Le seul concurrent étranger pour la Coupe Gordon-Bennett. Edge, représentant de l’Automobile-Club de Grande-Bretagne.
(Magnésium 1 h. 1/2) Pain, saucisson, fromage, vin blanc, café. Il n’y a rien qui creuse comme le grand air ! — Un atelier de réparations en plein air.
Sabis-Bey, sur sa voiture munie de pneumatiques Michelin.
Le neveu du Khédive laisse conduire son mécanicien, le gros Paul.
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René de Knyff, premier du classement général, sur sa voiture Panhard et Levassor, munie de pneumatiques Michelin, marchant à l’alcool.
Edmond, premier de la catégorie voitures légères, en 4 h. 46 m. 58 s. sur sa voiture Darracq, munie de pneumatiques Michelin (Moyenne 85 kil. 880).
Henri Farman, deuxième de la catégorie voitures en 4 h. 18 m. 1 s. 3 5 sur sa voiture Panhard et Levassor, munie de pneumatiques Continental.
Rigolly (76), deuxième de la catégorie voitures légères en 4 h. 53 m. 58 s. sur sa voiture Gobron Brillié, munie de pneumatiques Continental, marchant à l’alcool.
Jarrott, troisième de la catégorie voitures, en 4 h. 26 m. 9 s 3/5. sur sa voiture Panhard et Levassor, munie de pneumatiques Continental.
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Le contrôle d’arrivée à Belfort, dans le faubourg de Paris. (Cliché Kodak).
Bucquet, le premier arrivé sur une motocyclette en 7 h. 56 m. 30 s 1/5 (Moyenne, 49 kil. 900.)
Oury, premier de la catégorie voiturettes, en 6 h. 19 m. 44 s. 2/5, sur sa voiturette Renault frères, munie de pneumatiques Michelin. (Moyenne, 64 kil. 400.)
Le Parc où furent garées, jusqu’au samedi matin. Les voitures des concurrents.





