In 1911, the Grand Prix scene slowly came out of her hybernation. The regional Automobile Club de la Sarthe et de l’Ouest decided to organise an event, which was nicknamed by Grand Prix des Tacots (something like the old cars). Not more than 14 registrations and finally a mere three finishers could be noted in the books. But tragedy struck, as Maurice Fournier and his mechanic Georges Souvel both were killed when their car summersaulted and landed in a ditch. The race itself was quite exciting though, making Hémery the winner and leading the motorracing scene believe that the former winner of the 1905 Circuit des Ardennes and the Vanderbilt Cup was destined to play a dominant role in this 1911 season.





Text et photograhies avec l’autorisation du Bibliothèque national francais, gallica.bnf.fr, www.gallica.bnf.fr, compilé par motorracinghistory.com
La Vie au Grand Air, 14e Année, No. 671, 29 juillet 1911
LE GRAND PRIX DE FRANCE
Un seul concurrent, sur quatorze partants, a terminé le parcours. La course, animée pendant les premiers tours, s’est terminée dans un walk=over.
Si l’on ne considérait que le résultat brutal, à savoir un seul concurrent ayant terminé le parcours, on pourrait conclure que le Circuit de la Sarthe fut un four. Et cependant il en a été tout autrement. Certes il faut regretter que divers accidents de course aient successivement retiré de la lutte tous ceux qui étaient capables d’inquiéter le leader.
Il faut surtout déplorer qu’un terrible accident soit venu endeuiller cette journée de fête. Le malheureux Maurice Fournier, fut, on peut le dire, victime de sa témérité, emmenant avec lui dans la tombe son infortuné mécanicien Louvel. Il avait acheté une vieille voiture de course Corre, une voiture du Circuit de Dieppe, avec laquelle il pensait bien remporter ce Grand Prix qui se disputait dans son pays.
Mais un engin délicat comme celui-ci, qui avait passé depuis quatre ans en de nombreuses mains, avait besoin d’une meilleure mise au point que celle que pouvait lui donner Fournier lui-même dans son atelier. L’essieu d’avant céda, la voiture capota dans un fossé. Des deux hommes l’un, Maurice Fournier, fut tué sur le coup, l’autre, Louvel, mourut le soir même à l’hôpital du Mans où il avait été transporté et sans avoir repris connaissance. La voiture pendant ce temps devenait la proie des flammes. Ancien spécialiste de la motocyclette, Maurice Fournier avait, comme son frère Achille, suivi les leçons de leur aîné le grand Henry. Il était né le 30 décembre 1880, il n’avait donc pas encore 31 ans.
Cette rupture d’essieu ne fut d’ailleurs pas la seule qui se produisit pendant le Circuit. Fauquet et Rigal en furent également tous les deux victimes.
Il ne faudrait pas croire, non plus, que la course fut dépourvue d’intérêt. Si les derniers tours furent monotones, alors que Hémery exécutait un cavalier seul, le début fut au contraire très animé, puisque l’homme de tête changea, pour ainsi dire, à chaque tour.
Tout d’abord, c’est Deydier qui mène, couvrant le premier tour à 109 à l’heure, mais il ne reparaît plus. Sa direction lui est restée dans les mains, du côté opposé du Circuit. C’est Fournier qui le remplace, poursuivi par Fauquet qui le suit à deux secondes et fait le meilleur temps du second tour ; mais il abandonne et c’est Duray qui menace maintenant Fournier, qu’il remplace au quatrième tour, tandis qu’Hémery se rapproche.
Le malheureux Fournier ne finira pas son cinquième tour et c’est entre les deux vieux rois du volant, Hémery et Duray que la lutte s’engage à présent. Hémery prend la tête au septième tour, mais, au moment où Duray revient magnifiquement, il est à son tour immobilisé par un accident, rupture de tournevis.
Et la Fiat formidable avec ses quatre cylindres de 130/190, l’air d’une bonne voiture de touriste, haute sur pattes, avec son honnête tablier, ses grands ressorts, sa direction à peine inclinée, continue seule, avec comme seul adversaire, à deux tours de retard, la petite Bugatti, qui parait un jouet d’enfant avec ses sept chevaux et qui semble une souris trottinant derrière un éléphant. Une faiblesse de l’éléphant et la souris gagnerait !
Hélas non, elle ne peut même pas gagner, car la décision de M. Montigny, préfet de la Sarthe, est inexorable. A 4 heures la course doit être arrêtée et la petite souris peut juste terminer son dixième tour. Elle eut certainement couvert les deux autres si on l’avait laissée les achever.
Gabriel est arrêté au neuvième tour et Leduc qui a cassé un croisillon de cardan, s’arrête dans ce neuvième tour à quelques kilomètres de la ligne.
Hémery, sur Fiat, a couvert les 12 tours, 648 kilom. en 7 h. 6 m. 30 s., moyenne à l’heure 91 kilom. 265. Le meilleur temps pour un tour a été également fait par lui, il est de 29 m. 36 s., 109 kilom. 459 à l’heure. Il gagne le Grand Prix de France, catégorie libre et le Prix du Président de la République.
Friederich, sur Bugatti, a mis 7 h. 16 m. 50 s. pour les 10 tours, 540 kilom., moyenne à l’heure 74 kilom. 311. Il est le meilleur de la formule limitée 110/200.
Leduc, sur Cote, moteur à deux temps, a fait 8 tours, 452 kilom. en 6 h. 19 m. 33 s., moyenne à l’heure 68 kilom. 390. Il est le meilleur du Critérium des voitures légères, cylindrée de trois litres.
Le tableau suivant qui donne les temps des premiers classés à chaque tour, reproduit une physionomie très nette de la course :
Le tableau suivant qui donne les temps des premiers classés à chaque tour, reproduit une physionomie très nette de la course :
Premier tour.
1. Deydier, 29 m. 45 s. 3/5.
2. Fauquet, 30 m. 5 s.
3. Fournier, 30 m. 29 s.
4. Hémery, 31 m. 8 s. 2/5.
5. Duray, 31 m. 50 s.
6. Gabriel, 32 m. 11s.
Moyenne du premier : 108 kilomètres à l’heure.
Deuxième tour.
1. Fournier, 1 h. 1 m. 4 s.
2. Fauquet, 1 h. 1 m. 6 s.
3. Hémery, 1 h. 4 m. 22 s. 1/5.
4. Duray, 1 h. 7 m. 5 s.
5. Barriaux, 1 h. 8 m. 25 s.
6. Rigal, 1 h. 23 m. 40 s.
Meilleur temps : Fournier 30 m. 35s.
Troisième Jour.
1. Fournier, 1 h. 35 m.
2. Duray, 1 h. 39 m. 22 s.
3. Barriaux, 1 h. 42 m. 53 s.
4. Hémery, 1 h. 48 m. 39 s. 4/5.
5. Rigal, 1 h. 54 m. 41 s. 3/5.
6. Friederich, 2 h. 18 m. 12 s. 1/5.
Meilleur temps : Rigal 30 m. 54 s.
Quatrième tour.
1. Duray, 2 h. 12 m. 41 s. 3/5.
2. Fournier, 2 h. 18 m. 9 s.
3. Hémery, 2 h. 21 m. 29 s.
4. Barriaux, 2 h. 23 m. 39 s.
5. Rigal, 2 h. 26 m.
6. Bugatti, 2 h. 58 m. 35 s.
Meilleur temps : Rigal 31 m. 19 s.
Cinquième tour.
1. Duray, 2 h. 45 m. 48 s.
2. Fournier, 2 h. 49 m. 48 s. 1 /5.
3. Hémery, 2 h. 51 m. 5 s.
4. Barriaux, 3 h. 2 m. 27 s.
5. Rigal 3 h. 4 m.
6. Friederich, 3 h. 44 m. 28 s.
Meilleur temps : Hémery (29 m. 36 s.: 109 kilomètres 459 à l’heure) record du tour.
Sixième tour.
1. Duray, 3 h. 24 m. 29 s.
2. Hémery. 3 h 32 m. 17 s.
3. Barriaux, 3 h 5 m. 53 s.
4. Cherbuy, 4 h. 27 m 35 s.
5. Leduc, 3 h. 48 m. 22 s.
6. Gabriel, 5 h. 20 m. 32 s.
Meilleur temps : Gabriel, 35 m. 20 s.
Septième tour.
1. Hémery, 4 h. 6 m. 53 s :1 /5.
2. Duray. 4 h. 7 m 51s. 1/5.
3. Friederich, 5 h. 48 m 35 s.
4. Leduc, 5 h. 49 m. 37 s.
5. Gabriel, 6 h. 40 m. 42 s.
Meilleur temps : Hémery, 34 m. 36 s.
Huitième tour.
1. Hémery, 4-h. 38 m. 44 s. 2/5.
2. Duray, 4 h. 45 s. 3/5.
3 Friederich, 5 h. 48 m. 35 s.
4. Leduc, 6 h. 19 m. 33 s.
5. Gabriel, 7 h. 31 m. 53 s. 2/5.
Meilleur temps : Hémery, 31 m. 51 s.
Neuvième tour.
1. Hémery, 5 h. 20 m. 33 s.
2. Friederich, 6 h. 53 m. 36 s 3/5.
3. Gabriel, 8 h. 4 m 26 s. 3/5.
Meilleur temps : Gabriel. 32 m. 33.
Dixième tour.
1. Hémery, 5 h. 58 m. 32 s.
2. Friederich. 7 h. 56 m. 15 s.
Meilleur temps : Hémery, 37 m. 59 s.
Onzième tour.
1. Hémery, 6 h 33 m. 2 s. 3/5. Temps du Tour : 34 m. 30 s.
Douzième tour.
1. Hémery, 7 h. 6 m. 30 s.
Temps du tour, 33 m. 28 s.
Il faut reconnaître que si l’on en excepte Hémery, qui l’a dépassée de peu, la moyenne du Circuit de Boulogne, moins rapide cependant, et qui était de 88 kilom. 750 par Bablot, n’a pas été atteinte. Hémery, lui-même, avec une cylindrée de 10 litres environ, dépasse de peu la moyenne de Zuccarelli sur son Hispano Suiza de 2 litres 600 de cylindrée, 89 kilom. 560, sur le dur Circuit de Boulogne avec son type rigoureusement de série. C’est une raison de plus de regretter l’abstention de l’Hispano Suiza cette année. Que n’auraient fait les 80/180 que l’Usine de Levallois livre en ce moment à sa clientèle ?
MARCEL VIOLLETTE.
Photos.
Page 502.
Hémery reçoit, à l’arrivée, les félicitations des organisateurs.
La voiture d’Hémery avait à peine passé la ligne que MM. Singher, à droite, et Durand, à gauche, se précipitaient pour féliciter le vainqueur.
Page 503.
L’accident de M. Fournier
La voiture en feu dans un fossé de la route aux Hunaudières.
Maurice Fournier, le frère du vainqueur de Paris-Berlin, était parti le premier et conserva quelque temps la tête. A un moment, comme Hémery le doublait, les spectateurs virent tout à coup fléchir l’avant de la voiture. Fournier et son mécanicien roulèrent à terre où ils vinrent s’abîmer. Pendant ce temps la voiture prenait feu et une immense colonne de flammes s’élevait dans le ciel.
Les victimes de la catastrophe. Les médecins s’empressent autour de Louvel.
Les deux pauvres garçons, Maurice Fournier et son ami Louvel, étaient dans un état effrayant : le conducteur, qui se trouve à droite de notre cliché, la tête recouverte d’un mouchoir, était mort sur le coup, la poitrine défoncée par le volant, le mécanicien avait une jambe brisée et une fracture du crâne. Il mourut le soir même, à l’hôpital du Mans, après avoir subi l’opération du trépan et sans avoir repris connaissance
Page 504.
AUTOUR DU GRAND PRIX DE FRANCE
1. On change une roue à la voiture de Rigal. — 2. Fournier met de l’eau dans son radiateur. – 3. Comment l’inattention d’un afficheur peut amener de l’imprévu dans l’affichage. — 4. Friederich et son mécanicien qui, pendant neuf tours a porté dans ses bras sa roue de rechange — 5. Duray et son fidèle mécano Dominique, après leur abandon à Ecommoy, reviennent au pesage dans la Lorraine-Diétrich de la Vie au Grand Air. — 6. Deydier qui a fait le meilleur temps aux premiers tours et fut arrêté par la rupture de la rotule de direction. Carburateur Zéuith. — 7. Après avoir réparé, Gabriel reprend la route. — 8. Rivière passe devant les tribunes édifiées à la Lune de Pontlieue. Pneus Continental.
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UN VIRAGE DU VAINQUEUR
HÉMERY PREND EN VITESSE LE UR VIRAGE D’ÉCOMMOY
Sur quatorze concurrents ayant pris le départ, un seul acheva les douze tours du parcours avant l’heure de la clôture de la course. Hémery gagne donc le Grand Prix de France, catégorie libre, couvrant les 648 kilomètres du parcours en 7 h. 6 m. 30 s., moyenne à l’heure : 91 kilom. 265. Il détient aussi le record du tour en 29 m. 36 s., moyenne à l’heure : 109 kilom. 459. Détails techniques : magnéto et bougies Bosch, pneus Michelin.





